NOCTE OBDUCTA : Umbriel (Das Schweigen zwischen den Sternen)

NOCTE OBDUCTA - Umbriel (Das Schweigen zwischen den Sternen)

MDD, 2013

Progessive Black Metal, Allemagne

CD

Bien qu'il soit un album plus complexe qu'il n'y parait, laissant toujours poindre les véléités expérimentales de ses auteurs, Verderbnis a incarné tout autant la résurrection des Allemands après un court hiatus qu'un retour aux sources du pur Black Metal. Suprenante, cette évolution aura donc finalement été vite avortée, son successeur renouant - déjà - avec les arabesques avant-gardistes, les tubulures atmosphériques qui ont fait la valeur d'oeuvres passées telles que le diptyque Nektar . C'est comme si, ayant épanché leur soif d'une noirceur mise en jachère depuis quelques années, NOCTE OBDUCTA pouvait désormais repartir de plus belle dans cette voie si personnelle, qui n'appartient clairement qu'à lui.

S'il serait tentant d'annoncer qu'il reprend les choses là où les avait laissées en 2008 Sequenzen Einer Wanderung , Umbriel va en réalité beaucoup plus loin dans l'expérimentation tout azimuts, en cela oeuvre plus progressive qu'atmosphérique. Sans doute plus psychédélique aussi, la troupe germanique n'hésitant pas à s'abreuver auprès d'un fluide seventies à l'origine d'une coloration nébulleuse. Cette inspiration passe notamment par le recours à toutes sortes d'arrangements et de claviers aux sonorités diverses (orgue Hammond, piano, Mellotron), des ambiances feutrées ("Kerkenvelten Teil 1" et ses teintes dignes du PINK FLOYD de Dark Side Of The Moon ) et de longues compositions riches en nuances.

Sans oublier un travail sur le chant, tour à tour heurté, plus velouté ou carrément brutal, variété qui symbolise avec justesse le caratère protéiforme et pourtant O combien homogène de Umbriel capable d'alterner "Mehr Hass ", saillie Black Metal dont la violence est toutefois perturbée par des effluves plus étranges et le monumental "Dinner Auf Uranos", soit 14 minutes au compteur d'un périple cosmique dont le nom résonne tel un écho à l'éphémère projet qui rassemblé un temps les Allemands après la mise en sommeil de leur principal port d'attache.

L'album en entier est nimbé d'un climat d'étrangeté, presque spatial , comme l'illustre "Reprise Dinner Auf Uranos", et porte en cela l'incontestable signature de ses géntiteurs. S'ouvrant et mourant sur les deux pans de "Kerkenvelten" et ses guitares stratosphériques, l'offrande possède une forte dimension cyclique, renforcant son caractère évidemment cosmique.

Achever ces quelques lignes en affirmant que NOCTE OBDUCTA signe une de ses oeuvres majeures tient du truisme. Mais qu'écrire d'autre ?

Childeric Thor - 7.5/10