NOCTE OBDUCTA : Verderbnis - Der Schnitter kratzt an jeder Tür

NOCTE OBDUCTA - Verderbnis - Der Schnitter kratzt an jeder Tür

MDD, 2011

Avant-garde Black Metal, Allemagne

CD

Alors que, malgré l'accouchement de Sequenzen einer Wanderung deux ans plus tard, le groupe est entré plus ou moins en sommeil en 2006, ce n'est pas sans un certain étonnement que nous accueillons aujourd'hui la résurrection de NOCTE OBDUCTA, court tunnel toutefois animé par l'éphémère projet DINNER AUF URANOS qui a vu certains de ses membres s'égarer dans un Dark Rock bizzaroïde pas toujours très inspiré. Verdernis - Der Schnitter kratzt an jeder Tür allait-il explorer encore davantage cette véléité expérimentale, déjà à l'oeuvre sur les derniers efforts du groupe allemand ?

Telle est le question que l'on se pose au moment de lancer l'écoute. Sa (relative) courte durée, corollaire de compositions ramassées, nous livrait pourtant un début de réponse. Non, cette huitième offrande ne reprend - malheureusement - pas les choses là où les avait laissées NOCTE OBDUCTA avant de disparaître ni même à l'époque du dyptique Nektar , qui reste à ce jour le travail le plus accompli des Germaniques mais incarne en fait un retour au Black Metal originel, froid et sévère. Du moins, est - ce l'impression première qui s'impose à celui qui jette une oreille dessus.

Les longs développements ont disparu au profit de titres plus directs, à la surface desquels affleure cette dureté tranchante typiquement allemande. "Tiefrote Rufe", postionné en ouverture, ne saurait tromper l'auditeur quant à une brutalité affichée et plus encore "Niemals Gelebt", saillie de 2 minutes à peine ! Pourtant très vite, Verderbnis trahit l'ambition et une vision avant-gardiste intactes. Seulement celles-ci, au lieu de s'étaler au grand jour, se lit davantage en filigrane d'un album bien plus complexe qu'il n'y parait de prime abord. Il n'y a qu'à s'abîmer dans les ramifications charbonneuses du crépusculaire "SchweiBnebel", qui vibre des secousses libérées par des guitares grésillantes ou "Schlachtenflieder", dérelict sombre gravitant au-dessus d'un gouffre au bord duquel le groupe mouline des atmosphères mortifères, pour mesurer que NOCTE OBDUCTA n'a pas franchement renoncer à l'approche novatrice qui fait son succès, la palme revenant au long "Obsidian Zu Peshtein" dont toute la seconde moitié aux confins d'une folie bruitiste le pousse dans les méandres de l'Ambient le plus torturé et tortueux.

Grouillant d'un son organique glacial, Verderbnis - Der Schnitter kratzt an jeder Tür s'impose peut-être comme une des créations les plus abouties de la légende teutone en cela qu'il conjugue à une austérité abrupte une expression toujours aussi singulière et expérimentale. Moins atmosphérique qu'à l'époque de Sequenzen einer Wandering , NOCTE OBDUCTA continue de travailler son art, progression à laquelle ces quelques années d'inactivité auront été profitables, le groupe trouvant dans ce sommeil matière à régénérer une inspiration qui en avait bien besoin. Un retour depuis les limbes tout à fait réussi.

Childeric Thor - 7.5/10