AGATHODAIMON

Agathodaimon

BM mélodique, Allemagne

mai 2003

Après trois albums et un contrat avec NUCLEAR BLAST, les Allemands d'AGATHODAIMON ne font pas encore beaucoup parler d'eux dans nos contrées francophones; ils officient pourtant dans un black atmo. de bon aloi... Rencontré lors de la première tournée française du groupe (Lyon, le 3 mai dernier), le guitariste Sathonys nous en dit plus sur le groupe et sur son actualité

Salut !!! Après trois albums, tout le monde ne connaît pas encore AGATHODAIMON... Peux-tu nous dire quelques mots à propos du groupe et de son histoire ?

Le groupe s'est formé en septembre 1995 : il était composé de Matthias, le batteur, et de moi-même. Nous avons rapidement trouvé des musiciens supplémentaires et nous avons commencé à enregistrer la première démo en mars 1996 : elle fut sortie en avril 1996. Notre deuxième démoNear Darkest, elle, sortie début 1997. Les réactions des magazines et des labels ont été plutôt bonnes, nous avons eu des négociations avec plusieurs labels et nous avons finalement décidé de signer chez NUCLEAR BLAST. Nous avons depuis sorti trois albums chez eux :Blacken The Angel,Higher Art Of Rebellionet le dernier,Chapter III.

Un premier album chez NUCLEAR BLAST, c'est incroyable !!! Comment cela a-t-il été possible ?

Hum, c'est une longue histoire... Quand nous avons sorti notre première démoCarpe Noctem, on a été contacté par CENTURY MEDIA. Ils aimaient la démo, mais ils voulaient entendre plus de morceaux. En plus, nous n'avions enregistré que sur un huit pistes et le son était horrible, alors ils voulaient entendre quelque chose de mieux produit. Ils nous ont donc donné un peu d'argent pour enregistrer une deuxième démo, et les négociations ont pu commencer. Mais c'était très bizarre, tout était retardé, il était impossible de joindre le boss de CENTURY MEDIA : un jour, il était à New-York, un autre à Londres... Ce n'était pas trop ce à quoi on s'attendait ! Heureusement, on était aussi en contact avec d'autres labels, comme LISTENABLE RECORDS, HEAD NOT FOUND, LAST EPISODE... et aussi NUCLEAR BLAST, qui semblait offrir les meilleures conditions, entres autres au niveau de la promotion qu'ils nous proposaient. En plus, je connaissais trois personnes chez NUCLEAR BLAST, et j'étais sûr qu'ils nous apporteraient le soutien nécessaire et qu'ils ne sortiraient pas l'album en nous oubliant par la suite. C'est pourquoi nous avons finalement décidé de signer chez NUCLEAR BLAST en 1997.

Vous jouez une musique très émotionnelle, qui est un bon mélange de gothic metal et de black metal... Es-tu d'accord avec cela ? Quelles sont vos influences principales dans le groupe ?

C'est difficile à dire... On a des goûts musicaux très différents dans le groupe, et chacun a ses propres styles de prédilection. Tout le monde écoute du black metal, mais aussi d'autres styles... Par exemple, j'écoute des styles allant du black metal aux DOORS en passant pas le death metal old-school ! Mais le chose marrante, c'est que personne n'écoute vraiment de gothic metal dans le groupe. Tout le monde dit : " Ah, c'est une sorte de gothic/ black metal ! "... Je pense que çà vient des claviers ou quelque chose comme çà. Nous, tout ce qu'on veut, c'est créer des atmosphères sombres, et c'est simplement pour cela que nous utilisons des claviers !

Concernant les paroles, quel est le sujet principal, ou le concept de vos albums s'il y en a un ?

Au début, notre chanteur roumain, Vlad, qui a quitté le groupe il y a huit mois, cherchait toujours à rendre hommage aux poètes roumains, et à la poésie elle-même. Il écrivait ses paroles très sérieusement pour créer des atmosphères très particulières et pour exprimer certains sentiments. C'est quelque chose que j'essaye de continuer moi-même maintenant... SurChapter III, quatre personnes participent aux paroles, et ce sont en général celles qui composent la musique. Ainsi Akaïas, notre chanteur, et moi-même écrivons des paroles, les autres venant de notre guest-vocalist ainsi que d'un poète roumain assez connu.

Votre deuxième album a été enregistré en Roumanie... Pour quelles raisons ? Ce pays est-il une source d'inspiration pour vous ? Comment s'est passé l'enregistrement là-bas ?

En fait, c'était essentiellement pour des raisons d'ordre pratique. Sur le premier album, nous n'avons pas pu enregistrer avec notre chanteur roumain : il a dû rentrer chez lui, en Roumanie, juste après l'enregistrement de la deuxième démo, et ensuite, il n'a pas été autorisé à revenir en Europe. On voulait absolument enregistrerBlacken The Angelavec lui, mais il ne parvenait pas à obtenir les autorisations nécessaires pour quitter son pays : il a fait tout ce qui était en son pouvoir, mais en vain... Nous avons alors décidé que le groupe entier irait enregistrer le deuxième album en Roumanie. Là-bas, les conditions étaient assez horribles... Je veux dire, techniquement parlant, çà allait assez bien, mais les producteurs n'avaient aucune expérience concernant la musique metal : ils n'avaient jusque là travaillé que sur de la pop... Par conséquent, le son s'est avérer assez... "merdique" ! (rires) Les méthodes de travail étaient aussi assez bizarre... Par exemple, après avoir enregistré un soir, on s'est aperçu le lendemain qu'un autre groupe avait joué avec notre matériel dans la matinée, et ce en changeant tous les paramètres des amplis ! Tout ceci explique le son deHigher Art Of Rebellion... Bien sûr, la production aurait pu être bien meilleure, mais bon, on ne pouvait pas faire autrement. Enfin, voilà aussi pourquoi nous avons à nouveau enregistréChapter IIIen Allemagne !

Et qu'en est-il du prochain album ? Quand sortira-t-il ? A quoi doit-on s'attendre ?

La sortie est prévue pour le 15 octobre. En fait, on va rentrer en studio dans un à deux mois pour la pré-production, avant l'enregistrement final. Pour l'instant, nous avons beaucoup d'idées, mais aucun morceau n'est vraiment terminé... Nous finissons toujours nos morceaux durant la pré-production ! Nous allons essayer de maintenir une atmosphère assez sombre, tout en apportant des influences nouvelles. Il y aura toujours des parties assez agressives, et d'autres très mélodiques. Nous essayons aussi différentes covers... C'est le même artiste qui a travaillé sur les artworks des trois derniers albums, mais là, j'ai trouvé un excellent artiste sud-américain et il est probable que nous utilisions son travail. Mais bon, rien de sûr pour le moment... Tout ce que je peux dire, c'est que nous allons essayer d'apporter un peu d'air frais à l'ensemble !

Akaïas apparaît sur une chanson du dernier album de DESTINITY,Under The Smell Of Chaos... Comment avez-vous connu ce groupe français ? Que penses-tu de la scène metal française ?

Hum, je n'ai pas beaucoup été en relation avec la scène française depuis que j'ai commencé avec AGATHODAIMON en 1996, et je ne me rappelle pas de tous les noms... Je me souviens de groupes comme HIRILORN, je ne sais pas s'il existe toujours, mais nous étions en relation avec lui... Sinon, DESTINITY nous a approché il y a plusieurs mois, nous sommes restés en contact, et c'est pourquoi Akaïas a fait quelques guest-vocals sur leur album... Et puis ce sont eux qui ont organisé cette tournée pour nous ! Je pense que la scène française devient de plus en plus forte au fil des années, avec des groupes comme SETH ou ANOREXIA NERVOSA, qui sont aussi très connus en Allemagne.

C'est votre première fois en France... Comment se sont passé les précédentes dates de la tournée ? Que penses-tu du public français ?

Et bien, la première date était en Belgique, et nous savions à quoi nous attendre, vu que nous avions déjà joué là-bas : le public était assez calme... Quand nous sommes arrivé à Paris, c'était très surprenant pour nous : le public avait l'air enthousiaste, il criait, mais ne bougeait pas ! En Allemagne, les gens headbanguent ou font des choses comme çà, alors que là, c'était assez bizarre... Donc, nous attendons beaucoup de voir comment se passera le concert de ce soir !

Ca n'a pas été trop dur de tourner avec tous ces groupes francophones ? Avez-vous été bien intégré par les autres ?

Hum, le français était ma première langue étrangère, j'ai oublié tout mais je comprend !(ndlr :en français dans le texte !)Par conséquent, la communication n'était pas vraiment un problème, tu sais. La chose amusante, c'est que tous les autres musiciens de la tournée se trouvaient être au même niveau que nous concernant leur manière d'agir : ce sont des gars très sympathiques, avec un bon sens de l'humour ! Au départ, quand j'ai appris qu'on partait en tournée avec ENTHRONED et SETH, j'ai eu un peu peur qu'ils soient du style "We are evil !!! We have no fun !!!", mais en fait, ce sont des gars super cool. C'est très sympathique de tourner avec eux !

Un dernier mot pour vos fans français ?

Oh, oui, bien sûr ! Tout d'abord, nous voulons remercier toutes les personnes qui sont venus aux concerts, ainsi que toutes celles qui sont intéressés par notre musique : pour cela, nous allons essayer de leur offrir un excellent nouvel album dans quelques mois. Nous espérons aussi revenir très bientôt en France pour promouvoir cet album !

Carcharoth