BLISS OF FLESH

Bliss Of Flesh

Black/Death metal, France

Mai 2009

Ces Français adeptes d'un black/death metal qu'un Belphegor ne renierait pas nous semblent promis à un grand avenir. Et ce n'est pas leur premier full-lengh, très puissant et haineux, qui me fera mentir. par chance, Sikkardinal (guitares) est disponible pour mieux nous faire connaitre ce rejeton de l'excellente scène parisienne. Que le Verbe blasphématoire jaillisse !

1) Humbles salutations à toi, Sikkardinal. Tout d'abord, éclaire-nous s'il te plait sur les membres du groupe, leur passé musicaux, leurs autres projets (s'ils existent...) et sur l'historique de Bliss Of Flesh.

Sikkardinal: BLISS OF FLESH est constitué de Necurat au chant (ex-Latrodectus, Fist 69), de J.Poizon à la basse (Deviant Surgeons, Vingdar), de Fleshstigma à la batterie (Fist 69) et de moi-même à la guitare (Deviant Surgeons, SuMO). En dépit de la multiplicité de nos projets musicaux, BLISS OF FLESH est notre priorité à tous et ça ne souffre aucune discussion. J'ai fondé ce groupe avec Fleshstigma et J.Poizon il y a 10 ans maintenant. Insane (guitare) nous a rejoints peu de temps après, et Terrorizt (Merrimack, Ancestral Fog) a assuré le chant de nombreuses années. Necurat a remplacé Terrorizt en 2006, et Insane a laissé sa place à divers guitaristes sessions. Nous avons sorti 2 démo cassettes dont une pro-tape "Lethal Ceremonies" chez Akedia Rekordz, un Ep "Todtentanz" chez Meurtre Noir et 2 split avec Bloodhammer et Annihilation666 respectivement chez Primitive Reaction et W.T.C., le tout sur support vynil. Notre premier album "Emaciated Deity" est sorti cette année chez Twilight Vertrieb.

2) Je dois dire que votre dernier album » Emaciated Deity » m'a mis une sacrée (Alléluia) baffe ! je n'aime pas trop ce terme mais de quel(s) genre(s) vous sentez-vous proches ? Quelles sont tes influences métalliques ?

S: Notre musique évolue dans les eaux troubles du black/death mais nous nous sentons personnellement plus proches du black que du death. Même si nous sommes bien conscients de ne pas faire du black au sens littéral du terme (quoiqu'il faudrait encore être capable de le définir), je ne me retrouve pas dans le métal sympathique et positif qui se répand dans la scène death actuelle. Quant à mes influences, ça m'est difficile de te répondre car je n'aime pratiquement rien, je n'ai aucune ouverture d'esprit et je n'écoute quasiment que mes groupes . Je sais que les chroniques (y compris notre label) nous présentent comme étant proches musicalement de Belphegor, Behemoth ou encore Arkhon Infaustus. Ce sont des groupes que je respecte et apprécie mais BLISS OF FLESH est encore à part selon moi. Evidemment, je te dis ça sans aucune objectivité.

3) Quels sont les sujets thématiques abordés, dans les textes de Bliss Of Flesh ?

S: Nos textes traitent du mal absolu, de la honte, du déchirement entre notre besoin de spiritualité et nos besoins physiques. Plutôt que de dresser un laïus rébarbatif, je conseille à chacun de se confronter à nos textes, ils sont pour nous aussi importants que la musique. L'image que je cite à chaque fois quand on me demande de quoi parle BLISS OF FLESH, ce sont les quelques secondes où tu te sens honteux à en crever en essuyant les dernières gouttes de sperme qui souillent ta main, car tu réalises que t'as atteint l'orgasme en t'imaginant baiser la fille de ton voisin ou pire. Les barrières de ta confortable morale se sont levées et tu retrouves confronté à ce que tu es vraiment.

4) Peux-tu me parler du livre d'Enoch que je ne connais que très peu (je pensais que c'était un mythe), mais dont Bliss OF Flesh s'inspire une partie ?

S: Je peux t'en parler mais ça va être long. Le livre d'Enoch a tout d'abord appartenu à la Bible avant d'être déclaré hérétique au IIIème siècle parce qu'il traitait en détails du chapitre 6 de la Genèse où il est dit que quelques Anges se révoltèrent contre Dieu et décidèrent de descendre sur Terre pour baiser et engrosser les filles des hommes. Ayant été détruit, ce livre a totalement disparu pendant 1400 ans. Il faut attendre le XVIIIème siècle pour qu'un exemplaire soit retrouvé en Ethiopie, mais celui-ci a été déclaré comme l'oeuvre d'un faussaire en raison des 80 passages du Nouveau Testament qui s'y trouve. La découverte d'un second exemplaire dans les Manuscrits de la mer Morte vers 1950 a changé la donne. Celui-ci a pu être daté entre -300 et -200. Ce n'était donc plus l'oeuvre d'un faussaire, et personne ne s'explique les passages anachroniques du Nouveau Testament qui y apparaissent. L'Eglise, embarassée, a mis ce livre à l'Index. Il était inconcevable qu'on reconnaise que l'incarnation de la spiritualité que sont les anges sombrent dans la luxure et que des passages du Nouveau Testament apparaissent 300 ans avant le Christ...

5) Comment avez-vous réussi à signer chez Twilight Vertrieb ( un label dont j'apprécie beaucoup les sorties )?

S: On n'a rien fait du tout, c'est eux qui sont venus nous chercher car apparemment ils ont aimé le Ep "Todtentanz" et le titre "D.I.E." du split avec Annihilation666. On pensait signer chez un autre label qui proposait de nous payer intégralement l'enregistrement de l'album, mais la distribution européenne et le suivi professionnel de Twilight nous ont fait changer d'avis. Pour l'instant, nous sommes réellement satisfaits de ce choix.

6) Comment l'idée d'un split avec Bloodhammer et un autre avec Annihilation 666 est-elle devenue possible?

S: Pour le split avec Bloodhammer, c'est Terrorizt qui était à l'époque en contact avec eux. Ils avaient bien aimé les titres de "Lethal Ceremonies" et nous avaient proposé ce split. Nous venions de terminer une série de nouvelles compos, initialement prévues pour le Ep "Todtentanz", mais l'espace fourni par un vynil ne nous permettait pas de toutes les exploiter. Ce split nous est apparu comme une bonne opportunité. Quant au split avec Annihilation666, c'est Necurat cette fois-ci qui était en contact avec eux. Ils nous ont démarchés et comme nous n'avions pas encore d'enregistrement avec notre nouveau chanteur, c'était pour nous l'occasion d'enterriner définitivement notre collaboration avec Necurat avant l'album.

7) Justement, es-tu un accro des vynils comme moi ou plus un adepte des icones MP3 d'ordinateur ?

S: Le mp3 est pratique mais pourri. Le vynil est et restera un support noble, c'est d'ailleurs pour cela que nous souhaitions réaliser des Ep avant de nous tourner vers le format CD pour l'album. Au charme évident du vynil s'oppose la puissance de restitution du CD, et je trouve mon compte dans les deux supports. J'aimerais beaucoup réaliser une édition vynil de "Emaciated Deity" mais ce n'est pas encore d'actualité.

8) Quels sont les albums que tu écoutes en boucle ? les dernières grosses tueries que tu aies vu en concert ?

S: N'ayant de temps pour rien ni aucune vie sociale à cause des groupes, les seuls concerts auxquels j'assiste sont généralement ceux où je joue. Le dernier album que j'ai en tête est "Maranatha" de Funeral Mist. Quant aux prestations live, je te citerai Watain ou Shining et plus largement les groupes authentiques qui dégagent une véritable haine sur scène.

9) Que penses-tu de la scène black et death metal française ? internationale ?

S: La scène française est très développée, autant dans le black que dans le death, même si j'ai l'impression, comme je te le disais précédemment, que le métal sympathique se développe plus rapidement que le métal extrême. D'aucuns considéreront que l'important, c'est que la musique soit bonne, pour ma part, le plus important est d'être cohérent avec ce que tu véhicules. Chacun son point de vue. La seule faiblesse française, peut être, réside dans les structures et capacités d'organisation. Beaucoup d'associations tentent de se démerder avec les moyens du bord sans bénéficier d'aucune aide particulière. Nous avons plus de mal à jouer en France qu'à l'étranger dans des salles crédibles. L'exemple le plus frappant étant celui de Calais où nous résidons à l'exception du chanteur et où il est presque impossible d'avoir accès aux salles potables à moins d'être dans les petits papiers de certains. Or nous ne le sommes évidemment pas mais on vit très bien avec.

10) Comment composez-vous ? Après une picole party ou de manière plus conventionnelle en répétition les samedi aprem' ?

S: Plusieurs soirs et journées dans la semaine sont consacrés à la musique pour nous tous. On ne fait pas BLISS OF FLESH par amusement, c'est véritablement un besoin vital. On a besoin d'être lucide durant les répètes pour rester exigeant avec nous-mêmes, donc on ne se détruit qu'une fois le travail accompli. Pour ce qui est de la façon de composer, j'apporte généralement les squelettes des morceaux que nous travaillons ensuite tous ensemble. A chaque fois le résultat dépasse ce à quoi je m'attendais. C'est aussi pour ça qu'"Emaciated Deity" représente pour nous l'aboutissement d'années de conviction inébranlable et de travail acharné.

11) Quel sera ton dernier mot?

Humiliation Suffering climax

Benphegor