MACHINA DEUS EX

machina deus ex

Gothic metal, France

3/10/2005

MACHINA DEUS EX est une jeune formation qui nous vient de la région parisienne qui se définit comme « trip metal » mais que l'on peut aisément conseiller aux amateurs de « gothic metal » comme le prouve leur premier mini-cd autoproduitUnease. Une petite interview pour mieux faire connaissance s'imposait donc.

1) Vous sortez votre premier mini-cd, peux-tu nous faire un historique rapide du groupe ? Les grands moments de son histoire ? Une histoire de ses membres (précédentes formations ?)

Michaël :Le groupe sous sa forme actuelle existe depuis environ 3 ans, le moment où on s'est orienté vers notre style actuel à base de metal, de chant féminin, de nappes de synthé et d'incursions électroniques. Xavier, ancien membre d'ODDS (death metal mélodique) mais aussi notre tout premier chanteur nous ont alors rejoint ainsi que Sandrine. MACHINA DEUS EX est notre première formation à tous. On a tous commencé la musique ensemble.

2) Peux-tu nous expliquer le nom du groupe MACHINA DEUS EX, ce qu"il signifie, et avant tout le sens que vous lui donnez ? Pourquoi avoir modifié l'expression traditionnelle "deus ex machina" ?

Michaël :A l'origine on s'appelait DEUS EX MACHINA (notre toute première démo avec d'ailleurs moi au chant et Grégory à la batterie) a été enregistrée sous ce nom. On aimait la sonorité et le sens de cette expression (« Dieu sortant de la machine » qui représente un personnage qui dénoue des situations paraissant inextricables). Mais apparemment nous n'étions pas les seuls. Du coup, on a trouvé ce jeu de mot qui permettait une sorte de continuité et qui illustrait bien le tournant dans le style du groupe avec la dualité de chant (masculin/féminin) et la présence de « machines ».

3) De même la pochette de votre mini-cd est très intéressante : pourquoi avoir choisi celle-ci ? Que représente-t-elle et que signifie-t-elle pour vous ? Que voulez-vous exprimer ?

Michaël :L'esthétique « gothique » attire la plupart d'entre nous. Au moment du choix de la pochette Sandrine a flashé sur le site de SHIBA (le photographe –www.photographie-gothique.com) la photo a été retenue par l'ensemble du groupe. Shiba a accepté qu'on utilise gratuitement sa photo en contrepartie de la « publicité » indirecte qu'il pouvait en tirer (dans les magazines, les Fnac, webzines, etc.). Et jusqu'à présent, les retombées concernant la pochette sont vraiment plus que positives.
Sandrine : c'est vrai... un véritable coup de cœur.

4) De quoi parlent vos textes en général et plus précisément sur ce mini-cd ?

Sandrine :Jusqu'à présent on ne fait pas dans le revendicatif mais dans la retranscription d'émotions, dans la mise en scène de moments de la vie. On aime bien s'inventer des personnages ; un peu comme dans une pièce de théâtre. Le fait qu'on soit deux au chant nous permet de créer de véritables dialogues. Comme par exemple dansOn the Vergeoù il s'agit des rapports entre une prostituée et son client.Last Scenec'est la description abstraite du déchirement provoqué par un départ. Quant àMisfired Treaty(« traité manqué ») je pense que le titre parle de lui-même. Le texte traite de toutes les fois où on se dit « j'aurai dû » et enfinSo Tirednous narre la niaiserie dans laquelle nous conduit la lassitude et la solitude du célibat. En d'autres termes : sexes, drogues et rock'n'roll.

5) Vous vous définissez comme faisant du "trip-metal" ? Que faut-il comprendre par cela ?
Quelles seraient les influences trip-hop dans votre musique ?

Michaël :A l'origine de trip metal il faut y voir le désir de composer une musique metal « qui fait triper », c'est-à-dire qui séduit, qui envoûte. C'est ambitieux, mais c'est la direction qu'on a choisie. Du coup notre musique n'est pas la plus brutale qui soit. Les pogos sont assez rares en concert. Notre définition du trip metal va plus loin. On parle de metal soutenu par des nappes de synthé, des sons électroniques avec la présence d'un chant féminin qu'on a plus tendance à croiser dans le trip-hop que dans le metal. Pour le moment on n'a pas vraiment obtenu le mélange ambitionné. De part le son et le travail sur les samples qui reste à améliorer. Les nouveaux morceaux (postUnease) sont plus énergiques entrecoupés de passages plus électroniques.

6) Que pensez-vous de l'étiquette de "gothic metal" ?

Michaël :Les étiquettes ne me dérangent pas. Nous nous en sommes collés une (cf. question précédente) nous-mêmes pour éviter aux autres de le faire mais si cela peut aider les gens à se repérer et à nous découvrir je ne vois pas où est le problème.
Sandrine :on n'a rien contre cette étiquette de « gothic métal ». Bien au contraire, elle nous plait plutôt (à la plupart d'entre nous). Cependant je voudrais rajouter quelque chose : il est fâcheux que tous les groupes à chant féminin soient catalogués ainsi. En ce qui me concerne, le « gothic métal » se définit par ses ambiances et éventuellement ses textes mais pas par le sexe de ses protagonistes.

7) Vous avez des influences diverses : pouvez-vous nous les dire en gros ? De quelles scènes sont issus les différents musiciens ?

Michaël :La majorité écoute du metal. On a grandi avec METALLICA, les GUNS, PANTERA, MEGADETH, PARADISE LOST, etc. Pour le reste des influences il y a : ANATHEMA, NINE INCH NAILS, DEPECHE MODE, PRODIGY, DAS ICH, FANTOMAS, LACUNA COIL, KILL 2 THIS, DEATH, PRIMUS, FAITH NO MORE, M. BUNGLE, MASSIVE ATTACK, PORTISHEAD, ANTIMATTER, ZEROMANCER, etc. Voilà à peu près un aperçu des groupes phares qui sont écoutés au sein de MACHINA DEUS EX.

8) Votre premier mini-cd est une autoproduction et non une nouvelle démo. Quelle est la différence pour vous ? L'autoproduction est-elle un choix ou est-ce dans l'attente d'un contrat intéressant ?

Michaël :On voulait sortir de la démarche strictement « amateur ». L'autoproduction est bien sûr subie. Nous n'avons pas d'énormes moyens financiers. Si nous avons réalisé ce Mini-CD pressé si tard, c'est que nous ne pouvions le faire avant. Pour l'album, tout reste à définir. Mais nous ne sommes pas contre un petit contrat avec un label. ;-) Aujourd'hui nous avons déjà un distributeur (AcropACROPOLE RECORDS) qui s'occupe de la distribution de notre Mini-CD au Bénélux et en Allemagne.

9) Le chant masculin est assez spécial pour un groupe de metal ? Quelles en sont les influences ? Où prend-il sa source ?

Grégory :Pour commencer, j'espère bien que mon chant est... spécial...;-) Après, tout dépend de ce que tu veux dire par spécial.
C'est marrant je me suis toujours demandé comment répondre à ce genre de question. Et que veut elle dire, réellement ? Je laisse libre arbitre aux avis... J'entends parfois des références à des noms de chanteurs, dont je ne soupçonnais même pas l'existence. Alors si tu veux savoir, à qui j'aimerais bien ressembler vocalement ou qui « j'idolâtre », je vais te répondre : personne en particulier. Même si je reconnais qu'Hetfield et Mustaine doivent être ceux qui m'ont, le plus fait tripper jusqu'à 19 ans. Pourtant aucune allusion à ces chanteurs. Avec, j'oubliais, Phil Anselmo, Burton Cybel, Vincent Cavanagh et j'en oublie sûrement. Au final, aucun rapport et tant mieux. Ensuite la source ou plutôt les sources ? Je dirais, principalement les groupes issus de la NWOBHM et le rock dans sa globalité en passant par quelques groupes New Wave, bref, tout ce qui exprime une certaine tristesse, mélancolie vers une colère ou rage. Le trip quoi... :-)

10) Que pensez-vous de la scène française en général ?

Michaël :Rien de spécial par rapport aux autres. Ce qui me dérange en revanche c'est que pour percer en France dans le metal, il faut nécessairement chanter en français. Or, si je n'ai rien contre le principe du chant en français, au contraire, je trouve ça très (trop) ambitieux. Le français se prête moins que l'anglais à la musicalité. J'ai rarement été séduit par une mélodie chantée en français sur une musique metal. Le résultat est souvent très pop, voire variété. ;-) Il n'est pas dit qu'un titre ne sera pas un jour composé en français mais pour le moment, c'est la musicalité qui prime pour nos textes.

11) Quelle est l'actualité de MACHINA DEUS EX ?

Michaël :On a une rentrée relativement chargée (à notre niveau). Au programme, plusieurs concerts (4 dates de confirmées) : le 21 septembre, concert de soutien au Rock Fort Show (sur Aligre FM) à l'espace B (avec CRACK OV DAWN, DORNFALL, SOM, etc.), le 24 septembre aux Essarts-le-Roi (78) (avec REPLICA et HEVIUS), le 8 octobre au CAC G. Brassens (avec LYCOSIA et ANTHEA) et le 21 octobre à l'espace Curial (avec ASRAÏ et THE OUTBURST).
Sinon, un nouveau site tout neuf aux couleurs d'Uneaseest en ligne depuis le mois de septembre. Enfin, nous sommes en train de composer pour notre premier album.

12) Quel a été l'accueil fait à votre mini-cd ?

Michaël :Il a été relativement bon, voire plus jusqu'à présent. Sur le site, on a mis l'intégralité des chroniques parues (sauf erreur). Globalement il y en a une ou deux qui ne sont pas terribles mais dans l'ensemble c'est très positif, très encourageant pour la suite. On sait ce qu'il manque encore à Unease pour franchir un pallier supplémentaire. On va le mettre en pratique pour l'album.

13) Quel public visez-vous? Et quel public a été réceptif ?

Michaël :Les amateurs de bonne musique ? ;-) On écoute de tout. On va à des concerts de tous styles de groupes (rock, metal, chanson, musique électronique, etc.). On espère donc un public également ouvert d‘esprit et éclectique. Mais le public metal-goth correspond bien évidemment à la grande majorité de ceux qui viennent nous voir.

14) Au niveau des concerts, en donnez-vous beaucoup, recherchez-vous des dates ?

Michaël :Pour le moment, on ne peut pas dire que nous soyons un groupe qui tourne beaucoup malheureusement. Or, c'est la seule vraie manière de se faire connaître et de conquérir un vrai public. Jusqu'à présent nous n'avions pas le support audio pour démarcher des salles sérieuses et de bonnes dates. Aujourd'hui, avec Unease, j'espère bien que notre crédibilité va s'accroître. Nous avons déjà quelques contacts pour des dates sympas mais chut, rien n'est fait. Nous sommes ouverts à toute proposition (Ile-de-France, province, étranger...).

15) Quelque chose à ajouter ??

Michaël :Euh... rien de spécial l'interview est déjà très riche. Merci à toi. J'en profite juste pour remercier tous ceux qui nous soutiennent (les amis, les webzines, les radios, les magazines), qui ont été séduits par notre musique et qui l'ont fait savoir ;-)

Merci pour cette interview.

Adnauseam