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Aluk Todolo : Ordre

ALUK TODOLO - Ordre

Amortout, 2011

Drone/Krautrock, France

10'EP

Il est toujours délicat de chroniquer une création de cette obscure entité que demeure toujours Aluk Todolo dont les membres n'ont pas besoin de se peinturluer la gueule en prenant la pause au fond d'une cave pour draper leur art d'une aura cryptique hallucinante de négativité, la plupart des balises à laquelle on aime tant se (r)accrocher étant absente d'une musique (?) en forme de rituel, organisme ferrugineux qui étire ses ramifations tentaculaires sans jamais se soucier du confort de ses auditeurs.

Bouclant une année des plus riches, autant en terme scénique que créatif, entre un split avec DER BLUTHARSCH et un Live édité sous le format cassette, Ordre , longue et unique piste que coupe en deux le 10 pouces sous la forme duquel elle est éditée, a été en réalité gravé en 2006 , mixé deux ans plus tard et demeuré inédit jusqu'alors. Finalement offert en cette fin d'année 2011, il n'offre certes peu de surprises, ne seraient-ce ces rares gargouillies trafiqués parasitant ses premières mesures mais il nous permet de retrouver cette signature unique et donc franchement personnelle aussi repoussante que magnétique.

Après de longues minutes lancinantes, Ordre , que pollue ce son rouillé et affreusement malsain qui reste une des marques de fabrique du groupe, s'engouffre ensuite dans ce rythme effrenné et hypnotique que diffuse notamment la batterie métronomique de Antoine Hadjioannou sur fond de riffs de guitare concassés, bruitistes, constamment au bord de la rupture avant de s'abîmer et de s'éteindre dans des méandres Ambient d'une beauté contemplative charbonneuse.

Toujours aussi minimaliste, Aluk Todolo réussit avec une économie de moyens à libérer des atmosphères troubles et souvent plus infernales que peuvent (ou aimeraient) l'être tous les blasphèmes Black Metal vomis à longueur d'année par des musiciens interchangeables. Indescriptible et bouillonant d'une énergie déglingée, il est le grand architecte d'un rituel cabalistique dont il aurait été dommage qu'il reste à tout jamais dans un carton...

Ses admirateurs ne seront encore une fois pas déçus par cette vingtaine de minutes qui, bien que peu surprenantes pour qui le suit depuis ses débuts, sculptent dans la paroie rocailleuse froide et humide d'une crypte baignée dans l'obscurité une progression grondant d'une puissance souterraine.

Childeric Thor - 8/10