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Burzum : Burzum

BURZUM - Burzum

Deatlike Silence Productions, 1992

Black metal culte, Norvège

Album CD

Derrière cet album se cache un artiste, et derrière cet artiste se cachait un jeune homme plein de haine et de souffrance, ce piètre inconnu avait cru voir en Euronymous un messie, une idole, un ami, un frère. Berné par toutes les illusions qui ressortaient de ce personnage hautement renommé, s'ensuivirent une fascination aigüe proche du fanatisme. Il pensait comprendre que le Prince des Morts partageait les même idéaux que lui, que cette haine viscérale qui lui rongeait l'esprit n'était pas une malédiction, qu'elle était bien présente chez d'autres personnes et qu'il était temps de l'extérioriser.

Quel plus grand honneur que d'enregistrer son premier album sous le drapeau de son père spirituel ? Peu importe que le nombre d'albums soit limité, peu importe que son producteur soit incompétent, c'est DEATHLIKE SILENCE PRODUCTIONS qui sortira son premier disque. Cependant notre adolescent est loin de ressembler à un gosse qui cherche simplement à faire comme papa : crachant sa haine à plein poumon, au travers de raclement de gorge désormais entrés dans la légende du black metal, Varg interprète avec le peu d'expérience qu'il a un des plus grands albums jamais produits en Norvège.

Cette compassion, voilà ce qui fait la force de sa musique. Ces hurlements ( Feeble screams from forest unknow ), cette pureté ( Ea Lord of Dephts ), cette douleur ( Spell of destruction ), cet atavisme ( War ), cette délivrance opérée par de simples cris et accompagnée d'une guitare aux accords des plus sincères comme sur My journey to the stars ... Toutes ces choses enfouies en nous, toutes ces peines, toutes ces cicatrices que nous n'osions pas même chuchoter, Greifi, orc souffrant, les hurle. Chaque titre, du plus court ( The crying orc ) au plus long ( A lost forgotten sad spirit ), a son importance et une personnalité qui lui est propre.

Mais ce pauvre Greifi se rendit vite compte qu'il avait été trompé, qu'Euronymous ne comprenait pas plus que les autres ce qui se tramait dans sa tête. Ecoeuré par un homme qu'il admirait tant, au point de l'inviter à jouer un solo désordonné sur la cinquième piste de son album, écœuré de n'avoir pu comprendre dès le départ que c'était bien lui le messie, et pas un quelconque prince qui cache son visage d'humain derrière un maquillage macabre, il décida alors de commettre l'acte le plus décisif de sa vie, qui le fit entrer dans le triste monde des adultes, un monde où les enfants qui pleurent sont punis et où les monstres comme lui sont mis dans des cages.

Ce n'est pas à moi de vous conter en détail la suite de cette histoire, retenons-en une seule chose, cet album est génial.

Jolly Jumper - 9.5/10