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Darvulia : Darvulia / Sektarism split

DARVULIA - Darvulia / Sektarism split

Black Drône, France

Le vinyle a connu un incroyable engouement ces 10 dernières années, après une disgrâce implacable à la fin des années 80, détrôné par les tapes et les CD. Si le CD reste le leader des supports physiques de musique, étonnement depuis un ou deux ans, on assiste à un retour de la cassette audio. Personnellement, ce fut sans moi, tant les souvenirs affligeant de rembobinage de bandes vomies par l'autoradio m'ont tourmenté durant de longues années. C'est dire, je ne pense même pas avoir de lecteur pour un tel support. Quand il me fut proposé de chroniquer ce split de deux groupes français de Metal extrême, édité en cassette dans une box collector par les auvergnats de Dead Seeds Production, ma curiosité fut piqué au vif. Difficile d'imaginer une box collector pour une cassette. Pourtant ils l'ont fait, celle-ci se présente comme un petit coffret cartonné, avec livret morbide à souhait, dans des tons sépias, évoquant d'anciennes photos funéraires. Vraiment il s'agit d'un incroyable travail esthétique que je me devais de saluer, avant de me concentrer sur la musique proposée. Pour les deux formations françaises, mysticisme, arts funéraires et incantatoires, ambiances rituelles et avant-gardistes sont de mises
J'avoue que de SEKTARISM, je ne connaissais que peu de chose, si ce n'est le lien avec MALkhEBRE. Le titre proposé commence classiquement sur une base Black Doom, avec un chant particulier, scandé plus qu'hurlé, avant de glisser inlassablement vers un final cauchemardesque, maladif, dissonant et visqueux. Oui visqueux, tant la lenteur surréaliste de la fin du titre, avec cette basse grinçante et ce chant rauque et halluciné vous tire vers le sol comme un excès éthylique ou opiacé, cauchemar éveillé qui ne peut que finir tragiquement. Je ne sais pas si le reste de la discographie du groupe est de cette qualité, mais cela aura su m'interpellé et me donner envie d'en connaître plus.
Darvulia en revanche, est une formation dont j'avais eu des albums, raw Black chanté en français d'inspiration ésotérique, fondé sur les sortilèges noirs. Donc grosse surprise ici : le titre commence comme un morceau de Black lent avant de visiter des territoires dronesques avec quelques voix démoniaques scandant des phrases à l'envers. Je n'aime pas le Drône, je trouve ça super chiant, des notes ultra basses tirées sur quatre plombes sans mélodies ni fureur, simple mur de son supposé procuré des sensations à son auditeur. Et pourtant, l'usage du silence et de cette voix dégueulasse a su retenir mon intention, pas de là à apprécier, mais au moins l'écouter jusqu'au bout. Le manque de musicalité m'a dérangé, mais le final grandiose avec une multitude de hurlements m'a scotché à mon casque, démence et dégénérescence trouvant musicalement une incarnation.
Difficile de noter une telle œuvre : si je m'en tenais à mes goûts personnels, à ma pratique de la musique dans la voiture pour aller bosser ou amener la môme chez la nounou, ce disque ne serait pas valoriser. En revanche, objectivement, en m'imprégnant de son livret, et en écoutant ce split dans la pénombre au casque, je dois revoir mon jugement et encenser cette œuvre noire des plus incroyable. Après à vous de juger.

Alœrw - 7/10