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DIR DESPAIRS : Aaron

DIR DESPAIRS - Aaron

Chabane's Records, 2010

Metal indus, France

CD ou téléchargement gratuit

Le dixième album (!) de DIR DESPAIRS a droit à un joli nom : Aaron . Aérien, léger, évoquant (à mes yeux) l'exubérance, assorti à une pochette très sobre... Deux mois se sont écoulés entre l'annonce officielle de l'album et sa sortie, en CD et téléchargement gratuit, sur le label non-commercial CHABANE'S RECORDS. Oraku, unique personne derrière le one-man-band, estime que cet album est le premier où "la guitare n'a pas un son de casserole" (voir notre [a href="http://lahordenoire.free.fr/interview.php?art=431" target="_blank"] interview[/a] de MOMENTUM MORTIS, son autre projet musical).
Dès le début, on remarque en effet un son de guitare un peu différent des précédents albums (notamment Masks and Bones Fell ). Plus gras, plus profond... plus lourd aussi. A la première écoute, je suis un peu assommé par le côté lourd de l'album (une impression qu'on éprouve souvent avec les albums du genre, je l'avais eue aussi avec Masks and Bones Fell ou le tout premier full-lenght de LIFE'S DECAY...). Comme toujours chez D.D., la boîte à rythme assure son office de pilonnage lourd, avec des cymbales moins présentes qu'avant. Niveau voix, la sécheresse du chant grogné laisse place à une sorte de grondement plus ou moins envahissant. C'est à partir de la deuxième écoute que les nuances commencent à apparaître.
Groovy sur Septante , nostalgique (avec quelques touches de guitare asiatique) sur Au souvenir d'un jour meilleur ... Aaron ressemble à du stoner qui se serait aventuré sur les terres de l'industriel. Jamais linéaire, il propose son lot de titres entêtants, comme "Ark", batcave et sautillant, ou Leid avec un piano qui nous entraîne secrètement vers la mélancolie, puis Idaho avec un refrain sonnant comme une revanche...
Personnellement, je regrette un peu le côté carré de certains titres plus vieux, comme Et in arcadia ego que l'on ne retrouve pas ici. M'est avis que le son de la guitare doit encore être perfectionné. Cependant, il ne faut pas oublier que DIR DESPAIRS est avant tout un projet expérimental, foisonnant, qui avance en laissant derrière lui plus de productions qu'aucun autre projet du genre. Les débuts des titres sont soignés, on plonge ensuite dans le stoner déjanté de la gratte et du chant "grondé" (plus que grogné). Aaron est comme l'arbre sur la couverture : plein de branchages, de subtilités sans fin, avec peu d'axes clairs, mais des airs toujours bien foutus.
Autre évolution notable : une boîte à rythme moins mise en avant que lors des précédents albums - où elle était carrément surpuissante et réduisait parfois la gratte à un rôle d'accompagnement, au lieu du contraire ! -, à mon avis mieux mixée que jamais.
Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore le projet, une galette aussi trippante que le dernier BLACKLODGE, si on accepte une première écoute de rigueur, comme on accepte le physionomiste à l'entrée d'une boîte de nuit.

Geodaxia - 8/10