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Eye Of Solitude : The Deceit

EYE OF SOLITUDE - The Deceit

Kaotoxin Records, 2013

Doom Death, Royaume-Uni

EP

Il faut battre le fer tant qu'il est chaud. Voilà un dicton que Eye Of Solitude a, semble-t-il, décidé d'appliquer à la lettre. En l'espace de quelques mois, ce n'est ni plus ni moins qu'un album ( Sui Caedere ), lequel étalat son spleen sur plus de 72 minutes au compteur et deux EP dont les Britanniques se sont délestés. Sachant que The Ghost , leur première corde, ne remonte qu'à juin 2011, on peut affirmer que ces musciens souffrent d'un priapisme créatif qui force le respect.

Ceci dit, on ne saurait prendre The Deceit pour autre chose que ce qu'il est, à savoir l'agrégat - digital seulement - de trois titres dont les produits de la vente sont destinés à une oeuvre de charité (plus précisément, pour récolter des fonds pour une association d'aide aux aveugles basée en Roumanie). Mais c'est pourtant déjà beaucoup. Car la cause est question est tout ce qu'il y a de plus louable. Car ces 18 trop (pour une fois) petites minutes peuvent être considérées comme ce que Eye Of Solitude a fait de mieux depuis sa création.

Trophée que le groupe doit autant à la reprise de \"Night's Dew\" de SHAPE OF DESPAIR, certes facile mais qui possède cette faculté de nous replonger d'un coup dans les vapeurs glaciales du quintessentiel Angels Of Distress , qu'à hallucinant morceau éponyme, qui voit la présence vocale de Arno Strobl (CARNIVAL IN COAL) et Déhà, figure culte de la scène Noise/Ambient belge transformé un matériau Doom Death en une complainte déchirante de beauté et de noirceur. A l'écoute de \"The Deceit\", on en viendrait presque à regretter que les Anglais ne recrutent pas ces deux invités à temps plein tant leurs interventions décuplent la crépusculaire puissance de leur art pétrifié bien que parfois trop monolithique.

Enfin, cerise sur le cercueil, une version remasterisé du très rare \"Painstained\", tiré du désormais sold out The Ghost , achève de faire que ce qui s'annoncait comme une modeste ration s'impose comme un pièce essentielle dans la jeune carrière de ce groupe en passe de devenir un prêtre incontournable de cette chapelle funéraire. Il démontre enfin que celui-ci, contrairement à ce que veut bien souvent le genre, gagnerait à ne jamais trop franchir le rubicon des durées interminables. Le format court - comprendre pas plus de 6 minutes - lui étant des plus profitables.

Childeric Thor - 8/10