La Horde Noire Webzine metal extrême depuis 2002

Moëvöt : Voebr

Autoproduction, 1995

Dark Ambiant Legions Noires, France

Demo tape

C'est donc après ma grosse déception du deuxième méfait de Mëvöt, que je sais pourtant différent et capable, que je lui laisse sa dernière chance après avoir enfin réussis à me procurer cette démo introuvable, voir limite inexistante (je l'ai trouvé sur un bootleg brésilien, mais ne me demandez pas ce qu'il foutait là-bas...). Voebr propose 8 morceaux sans nom, pour une durée totale de 35 minutes à peu près, j'ignore si elle avait une cover, mais même sur les sites les plus pointus je ne la trouve pas.

Au début, j'abandonnai tout espoir envers ce projet qui m'avait à sa genèse pourtant tellement surpris, car le premier titre n'est autre que « Wolken- Ma vie », déjà paru sur Abgzvoryathre , et vu que le deuxième morceau était aussi sur la première démo, on se dit « quelle originalité ! Ils ont changé le track listing en espérant qu'on ne le remarquerait pas ! ». Mais, rassurez vous, la vérité est toute autre, alors prenez la peine d'écouter la suite. La deuxième piste s'éteint donc sur un morceau déjà connu, mais alors qu'il n'en est qu'à la moitié, il passe alors directement à la piste 3, où là tout commence à changer : des bruits viennent s'ajouter, des bruits pas vraiment réels ou parfois trop réels, certains morceaux ne sont fait que d'un bruit d'eau qu'on transvase d'un récipient à un autre, tellement pur et à la fois si froid ! Une des compositions présentes est jouée dans son intégralité au piano, et ne fait que combiner deux-trois notes avec un léger blanc entre chaque ; à première vue, on peut presque croire que c'est l'œuvre d'un bébé qui découvre le piano et qui s'amuse à taper au hasard sur n'importe quelle touche, mais l'agencement des notes est tel qu'un sentiment de vide s'installe en nous, digne des plus fins psychologues de la musique !
Les instruments jouent cette fois un à un, encore une fois d'un minimalisme extrême, et vers la fin viennent des voix crachant leur désespoir et leurs lamentations en un concerto de voix black metal très grave, encore une fois l'ambiance malsaine atteint son paroxysme.

Voebr est donc la suite directe d' Abgzvoryathre , sauf que cette fois-ci les artistes iront au bout des choses délivrant une théorie de la musique assez incompréhensible mais très efficace. Essai sur le vide musical, basé sur des instruments et bruitages archaïques respectant la loi du minimalisme à la lettre, Voebr est difficilement abordable et peu, à mon humble avis, sauront y trouver un réel sens.

Jolly Jumper