NEPTRECUS : L'aube du déclin

NEPTRECUS - L'aube du déclin

Mortis Humanae production, 2013

Black Metal, France

CD

Soleil et nuages chargés d'une neige incongrue en ce mois de Juin se disputent le ciel de Haute Maurienne. Les forts de l'Esseillon se dressent à flanc de montagne, tous plus ou moins en ruine mais veillant encore sur la voie de passage en provenance d'Italie. Dans mes oreilles, NEPTRECUS vocifère son art véhiculant le souvenir des temps anciens et glorieux de la vieille Europe. Je ne sais pas s'il existe une bonne manière d'écouter du Black Metal, mais crapahuter seul parmi de vieilles pierres chargées d'Histoire est une expérience qui vaut franchement le détour.

NEPTRECUS donc, est un jeune groupe formé en 2011 qui offre à notre écoute son premier album. Ceux pour qui "premier album" rime encore avec amateurisme résiduel et son approximatif sont priés de jeter une oreille à cette Aube du déclin qui va le mettre sur le c.. D'emblée NEPTRECUS impressionne par la qualité de ses compositions. Les guitares se taillent la part du lion avec leurs introductions et breaks à bases d'arpèges et leurs lignes mélodiques. Celles-ci viennent orner une base musicale incandescente, un Black Metal à la fois agressif et mélodique (mais assez peu original). Regret en revanche pour la batterie dant le son est terne et peu valorisé. Le groupe sait poser des ambiances (le début de Auld Alliance notamment) avant de lâcher toute sa puissance. Le chant,écorché, est bien typé Black Metal mais alterne avec quelques passages narrés.

Les parisiens donnent en effet dans la thématique historique (avec une nette prédilection pour l'Histoire Antique et le Haut Moyen-Age) avec des textes écrits par un certain Claiomh dont il s'agit de la seule fonction dans le groupe ; à l'image de Demonaz pour IMMORTAL. Si NEPTRECUS se défend de toute appartenance politique ou religieuse, la dernière piste -éponyme- laisse tout de même supposer que ce n'est pas demain qu'ils écriront des titres à la gloire de Che Guevara...

L'aube du déclin marque paradoxalement le début d'une ascension que je pressens rapide au sein de la scène Black française, voire au-delà de nos frontières. A écouter pour les fans de CATUVOLCUS mais pas seulement...

Sargon - 9/10