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ALKEMYST

Alkemyst

Heavy / speed metal, France

oct. 2003

ALKEMYST est le seul groupe savoyard qui ait eu la chance de se faire signer par NUCLEAR BLAST, le label incontournable du métal qui est sans doute le plus gros du monde dans son style. Ca en dit long sur le niveau et le potentiel de ces quatre haut-savoyards, dont le speed métal mélodique, tout en respectant les conventions du style, se permet quelques sorties audacieuses des sentiers battus. L'ami Arnaud, l'un des guitaristes, nous répond.

Salut Arnaud, présente nous un peu le groupe, pour ceux qui ne vous connaîtraient pas encore...

Alors le premier embryon du groupe est né en 1992, d'un pote de collège et de moi. Après une recherche active de personnel, Denis Mellion (le bassiste) s'est joint à la bande (on s'appelait ENDLESS à l'époque) puis Arnaud Gorbaty (batterie) et Séverin Bonneville (guitare). On trouve un chanteur avec lequel on enregistre en 1999 la démoA Path to Heavenqui nous fait connaître positivement. Puis, suite à des divergences avec le chanteur, on se met à la recherche d'un autre front-man et on le trouve en la personne de Ramon Messina (chanteur de SECRET SPHERE). Et nous voilà en 2003 avec notre albumMeeting in the Mist.

Comment vous êtes-vous retrouvés chez NUCLEAR BLAST?

On envoyé notre CD démo à plusieurs maisons de disques dont quelques-unes nous ont fait une offre. Mais quand on a vu celle de NUCLEAR BLAST, c'était un deal qui ne se refusait pas : ils ont un pouvoir de promotion et de diffusion sans égal. Et puis quand on voit leur catalogue de groupes, c'est bien d'en faire partie, non ?

Avez-vous eu des problèmes dans votre recherche à cause de l'origine française du groupe ? On parle souvent d'un mépris certain vis à vis des groupes de métal français...

Pas du tout. On n'a jamais été confrontés à ce genre de problèmes avec les labels européens. Les seuls qui nous prennent de haut sont les français eux-mêmes. En fait, les gens sont étonnés de voir que nous sommes français. En tout cas, la scène métal française produit de superbes choses mais n'a pas l'exposition qu'elle mérite.

Comment espérez-vous sortir du lot dans un style qui offre une pléthore de groupes ?

Je dirais que nous sommes plus ancrés dans une tradition de "old-school" métal. La vague actuelle revendique plus des influences STRATOVARIUS - EDGUY (des "jeunes" groupes). Et nous expérimentons pas mal (y'a même une partie funky dans l'album...). D'ailleurs le prochain sera encore plus expérimental. Je pense qu'on va essayer de faire une progression à la BLIND GUARDIAN : trouver notre son à nous et devenir notre propre référence. Je pense que le prochain album penchera probablement du côté de ARK...

Tu parles de ARK, quelles-sont vos autres influences ?

La base c'est la NWOBHM et le thrash des années 80. Il y'a aussi HELLOWEEN, évidemment, GAMMA RAY, BLIND GUARDIAN. Je sais que pour Séverin, il y a beaucoup d'influences prog aussi. Ca donne un speed mélodique progressif au bout du compte.


Quelle exposition attendez-vous de NUCLEAR BLAST? Avez-vous des dates en vue?

On est pas une priorité NUCLEAR au niveau promo, il faut d'abord qu'on fasse nos preuves en vendant des disques. Alors pour le moment on cherche des dates au coup par coup : le 13 septembre on a joué au festival de Raismes, le 15 Novembre on sera au festival de Crolles. On essaie plutôt de faire les festivals que de monter une tournée, afin de toucher plus de monde en une seule fois.

Le titreNameless Sonregroupe toutes sortes d'ambiances et dure 10 bonne minutes. Vous vous sentiez "obligés" de composer un tel titre, était-ce un challenge ou est-ce venu naturellement?

Les deux. En fait j'aime particulièrement les longues fresques progressives, car c'est à mon avis à cela que l'on juge le mieux la capacité d'un groupe à créer des atmosphères et à faire entrer l'auditeur au plus profond de son univers musical. Mes morceaux favoris sont presque tous très longs et très composés, et les autres membres du groupe partagent ce goût ; c'est donc assez naturellement que nous nous sommes attelés à la composition d'une chanson aux dimensions moins académiques. Par contre, cela fut un véritable casse-tête, car il est très difficile de concevoir un morceaux qui, malgré sa durée, ne paraissent ni artificiel, ni répétitif, ni même par trop fantaisiste. Parce que cette chanson est un peu démesurée, il a fallu beaucoup de mesure, paradoxalement, pour en faire une pièce équilibrée, d'un bloc, et pour rendre son architecture naturelle. Ce fut un défi, et un travail de longue haleine, puisque, commencé en 1998,Nameless Sonne fut achevée qu'en 2001, quelques semaines avant que nous entrions en studio. Je pense pour ma part que cette chanson est un accomplissement : en elle, tout ce que nous avions rêvé de réaliser en tant que musiciens s'est fait chair, en quelque sorte. C'est un instantané très fidèle de ce qu'était le groupe à l'époque où nous avons enregistré, une sorte de panorama de notre musique. C'est un peu comme si, dans l'histoire du groupe, tout devait tendre àNameless Son, et tout devait commencer après elle. C'est aussi pour cela qu'elle occupe la dernière position sur notre disque. Et puis, composer un tel titre à l'heure du fast-food radio/télé-organisé, de la chanson Big Mac chiée en trois heures moins cinq par un pigiste de la musique, n'est-ce pas une bonne manière de réhabiliter l'art, et ses corollaires : le travail, le temps, la patience? Il fut bon de prendre du temps (et non pas de le perdre) pour écrire ce morceau ; nous demandons par là-même à nos éventuels auditeurs de prendre le leur afin d'entrer pleinement dans notre univers.

Parlez-nous du bonus track figurant quelques minutes aprèsNameless Sonet de la version radio deA Meeting in the Mist.

Rien ne sert d'en parler, il faut l'entendre pour le croire. Je vous laisse la surprise!! Elle inaugure une nouvelle direction musicale pour le groupe (rires).

Les choeurs sont puissants, voire très puissants! Comment avez-vous fait un tel exploit avec si peu de moyens?

Ils ne sont pas si puissants que ça, mais le résultat est satisfaisant. En fait, nous avons embauché une choriste (Elodie Buchonnet, chanteuse du groupe grenoblois AUSPEX), que nous connaissions depuis un certain temps, car une voix féminine permet d'étendre un peu, vers le haut, les possibilités de notre petite chorale ? c'est ce qui donne à la fois profondeur et puissance à l'ensemble. En plus de la demoiselle, Séverin (guitare), Arnaud (batterie) et moi avons assuré l'ensemble des choeurs. Nous enregistrions une harmonie, puis nous la doublions, une autre harmonie elle-même doublée, puis une troisième, tous les quatre en même temps. Nous avons ainsi pu simuler une chorale d'une vingtaine de chanteurs, plus ou moins (cela dépend des morceaux). Nous avons surtout eu la chance de posséder en Séverin et Arnaud de bons chanteurs, et en Elodie d'une belle voix lyrique. De plus, nous avons su exploiter les bonnes connaissances théoriques de notre batteur, ce qui nous a permis d'écrire les harmonies pratiquement en temps réel, et sans faute.

A certains morceaux, les guitares grouillent de partout. N'avez-vous pas eu besoin de milliers de prises pour parvenir à ce résultat (rires)?

Il y a un peu de ça, c'est vrai (rires). SurNameless Son, je crois que nous avions quelque chose comme 22 pistes de guitare, ce qui correspond à 8 ou 10 guitares effectives. Les prises n'ont pas posé trop de problème (à part le temps) ; mais le mixage? Rien que de savoir que cet été on remet ça j'en ai des boutons (rires)!

Le mot de la fin pour nos lecteurs?

Merci au lecteur d'être allé au bout de cette interview et allez écouter notre CD! Visitez aussi notre site web :www.alkemyst.net

Minsk & Duskrasia