ARKHAN (mars 2004)

Arkhan

Black / death metal, Suisse

mars 2004

Hailz ! Présenter-vous à nos lecteurs qui ne vous connaissent probablement pas encore, puisque Arkhan n'existe que depuis 2001.

Hailz ! ARKHAN a en effet été créé en 2001 par Greg (chant), Seb (basse) et moi-même à la suite de notre départ du groupe de black metal lausannois IPSUM. Notre idée était de jouer une musique à la fois groovy, brutal et mélodique; du death metal avec de fortes influences black et trash. Malheureusement nous sommes restés passablement inactifs durant de long mois car nous n'avions pas de local de répétition fixe. En été 2002 nous nous sommes fixé à Massongex (un charmant petit village situé à côté de Monthey) et Stéphane (guitare, clavier, boîte-à-rythme) nous a alors rejoins. Nous avons dès lors travaillé sur de nouvelle compos puis enregistré notre premier album de manière totalement autonome. Celui-ci est intitulé Dead End et est sorti en fin d'été 2003.

Que signifie le nom du groupe ? quel concept se cache derrière ?

Si tu cherches sur le net la signification de ARKHAN, tu trouveras qu'il s'agit du nom d'un ancien rebel yougoslave ainsi que celui d'un personnage de jeu de rôle relativement connu ! Précisons tout-de-suite que nous ne faisons absolument pas référence à ces personnes. ARKHAN est un nom purement imaginaire qui constitue le centre du concept de nos textes. Il désigne un monde parallèle au notre, une sorte de mirroir grossisant de notre société montrant les choses de manière très métaphorique. Chacune de nos chansons décrit l'histoire d'un personnage évoluant dans ce monde, s'attardant principalement sur ses sentiments face à aux différentes situations qu'il rencontre. Ce concept nous permet de traîter de différents thêmes de manière très imagée. Je tiens à préciser que nous ne parlons ni de religion, ni de politique, mais plutôt de thème communs de notre société comme la violence, la haine, la stupidité, etc... Nos principales références sont la littérature de science-fiction ainsi que les films d'horreurs -trop souvent sous estimé dans leur thématique- dont nous sommes tous de grands fans !

Votre excellente démo " Dead end " vient de sortir. Avez-vous beaucoup de contacts, et déjà des retours? Qu'en attendez-vous exactement ? Attirer l'attention des labels ?

Pour être franc, à la sortie de Dead End, nous avions un peu peur de la réaction du milieu metal. Nous ne prétendons pas du tout faire une musique révolutionnaire et complétement originale, mais la volonté de jouer du death avec l'ajout de claviers et une boîte-à-rythme pouvait ne pas plaire à beaucoup de monde. Nous avons été agréablement surpris de voir que les critiques sur Dead End sous souvent très bonnes. Notre volonté de mélanger les styles semble plaire à passablement de monde et nous en sommes ravis. Concernant nos attentes, nous nous concentrons pour le moment sur les lives. Notre principale but avec Dead End est de pouvoir faire le plus de concerts possibles et de se faire un petit nom dans la scène metal. Nous ne voulons pas griller les étapes trop rapidement ! La recherche d'un label et d'un distributeur se fera surtout avec le prochain album, quand nous aurons plus de références à faire valoir !

Votre musique est à la fois puissante, technique et variée. Quelles furent vos influences majeures ? Ca vous gênerait si on vous collait une étiquette " death " ou death/black " ? C'est pourtant souvent rassurant pour certaines personnes...

Coller une étiquette permet surtout d'attirer un public cible. Si tu dis faire du brutal death, tu vas tout de suite intéresser une certaine classe de personnes. Mais limiter un groupe à un adjectif est souvent très réducteur. Nous avons nous même de la peine à définir exactement notre musique et ne voulons pas nous limiter à une influence, à un style. Nous écoutons énormément de choses différentes et sommes donc influencés par beaucoup de groupes. Les différentes personnes qui nous ont donné leur avis sur notre album citent toutent des groupes de références différentes et cela nous convient parfaitement.

Vous êtes en quête d'un batteur, mais ne trouvez-vous pas que, justement, la BAR, alliée au synthé, donne une froideur tout à fait intéressante à votre musique ? Un batteur romprait probablement ce charme...

Probablement oui mais il nous apporterait aussi des idées nouvelles, un " touché " et une finesse que nous ne pouvons pas obtenir avec la BAR... sans compter l'apport scènique durant les lives ! Au début du groupe, nous avions décidé de répéter avec une BAR en attendant de trouver le bon batteur. Mais il n'était absolument pas question d'enregistrer un album ou de faire du live avec une machine ! Nous avons ainsi auditionné passablement de musiciens mais, malheureusement, aucun ne correspondait à nos attentes. Nous avons donc décidé d'aller de l'avant et d'affiner le travail avec la BAR en l'utilisant comme instrument à part entière. Par exemple, la froideur du son de la machine est une caractéristique que nous avons tenté d'utiliser à notre avantage.

Vous avez tout enregistré vous mêmes, paraît-il ; l'un d'entre vous a t-il suivi une formation spécifique, ou vous pensez que la production est maintenant à la portée de tous, vu la démocratisation récente du matériel de production ?

Stéphane et moi-même avons produit Dead End de A à Z dans notre petit homestudio. De nos jours, tu peux te monter un homestudio avec un budget résonable ; l'équipement est moins cher et pratiquement tout peut se faire avec un bon ordinateur... mais la technique de traitement du son n'est pas pour autant plus simple! Le plus dure n'est pas d'apprendre à utiliser du matériel d'enregistrement mais de connaître la façon de traiter le son pour obtenir ce que tu veux. Une bonne production est sûrtout due à l'oreille de l'ingénieur du son. Dans notre cas, cela fait de nombreuses années que nous faisons de la musique et que nous bidouillons nos amplis pour obtenir ce que nous voulons. Pour les techniques de production, nous avons appris sur le tard de manière totalement autodidacte. Nous avons fait quelques essais de pré-production afin de maîtriser parfaitement notre matériel au moment de l'enregistrement. Précisons aussi que nous avons commencé à enregistrer en mars et avons sorti l'album en fin aout... cela a pris du temps pour que nous soyons pleinement satisfaits de notre travail !

Quels zines & webzines lisez-vous ? Lesquels vous conseillez aux lecteurs ?

Transit Mag et Les acteurs de l'ombre bien évidemment ! Mais si les gens veulent vraiment lire d'autres zine, je conseille Rock Hard magazine qui est pour moi le meilleure mag français. Sur le net il y a violent webzine et metal observer qui sont de très bonne qualité au niveau des critiques. Pour les Suisses, il y a metalreviews.ch, heavymetal.ch, schwermetal.ch et metalfactory.ch.

Quelle est la philosophie du groupe : plutôt " sex drugs rock'n'roll " ou " on bosse dur pour y arriver " ?

Nous sommes très Sex, Beers and Rock'n Roll ! Plus sérieusement, j'envisage la musique comme un mélange de plaisir et de travail, ce qui n'est pas incompatible ! Etre dans un groupe demande un grand investissement et si tu n'es pas un minimum sérieux, tu n'arriveras jamais à rien. Mais au bon du compte, il ne faut pas oublier que tu fais surtout ça pour prendre du plaisir !

Que pensez vous du recours aux nouvelles technologies ? (MP3, web, CD-r & DVD...) : ne faut-il pas les utiliser avec parcimonie ? Que pensez vous des fanzines et webzines ?

Internet a apporté énormément en terme d'échange de connaissance et de communication entre les gens. Personnellement je suis un gros consommateur du web... cela me permet de m'informer de manière totalement autodidacte et gratuite sur un certain nombres de domaine comme la production musicale ou le graphisme. Malheureusement, comme pour tout, nous tombons très facilement dans les excès. L'industrie du disque a particulièrement reçu un sale coup... et le pire c'est que cela se répércute surtout sur les petits groupes qui ont déjà de la peine à vivre!
Concernant les fanzines et webzines, ils sont devenus un important moyen d'information pour le milieu underground. Les gros mag n'ont plus vraiment ni le temps ni la place de traiter des groupes émergeants et les zines plus modestes ont ainsi un rôle capital.

Parlez-nous de la scène locale de métal extrême : je ne la connais que par les concerts de la salle du Veaudoux : est-ce un point de ralliement du Valais ? Puisque vous cherchez des concerts pour vous promouvoir, cherchez vous à collaborer avec d'autres groupes en ce sens ? Ou la région est-elle sinistrée en matière de scène ?

J'ai un peu de peine à nous considérer comme un groupe originaire de Monthey. Seb habite près de Fribourg, Stéphane vient de Sion, Greg et moi-même de Lausanne ! Nous sommes donc un groupe suisse multirégional. Il y a vraiment de très bons groupes en suisse romande... il suffit de lire ce qu'en pense la presse spécialisée étrangère pour te rendre compte du potentiel de notre scène régionale. Mais malgré cela il est vraiment difficile d'organiser une soirée de metal extrême en suisse romande La plupart des clubs survivent difficillement et -en règle générale- ils ne veulent pas prendre le risque de planifier une soirée avec un style de musique si particulier! Par exemple, nous avions joué plusieurs fois avec nos anciens groupes au Veaudoux... mais l'association qui s'occupe de cette salle a changé et ils ne veulent plus vraiment programmer de soirées de metal extrême. Si tu regardes nos dates de concerts, tu verras que la plupart ont lieu en suisse allemande et que les rares concerts que nous faisons ici se déroulent dans des pubs, dans des conditions pas forcément idéales. Il est vrai qu'un collectif de groupes aurait peut-être plus de chances pour organiser quelque chose. Mais pour je ne sais quelles raisons, le contact entre les groupes n'est pas toujours évident. Chacun fait sa petite cuisine dans son coin, ce qui n'est pas forcéement idéal.

Officiez-vous encore dans d'autres groupes ? Yog Sothoth, Ipsum, Feel my hate existent-ils encore pour certains d'entre vous ?

Non, nous ne sommes plus impliqués dans aucun autre projet. Comme nous ne sommes que 4 nous avons chacun beaucoup de travail à faire pour ARKHAN et nous nous y impliquons pour le moment à 120%.

Comment voyez-vous l'évolution du metal extreme / de l' UG ? De votre travail ?

Depuis quelques temps je trouve qu'il y a un certain retour aux sources du côté de la scène metal. Le black s'essouffle un peu et beaucoup de groupes comme nous se tournent à nouveau vers le death.
En ce qui concerne la scène underground, j'ai l'impression que plus le temps avance, plus les choses deviennent difficiles. Les labels ont tous de la peine à bien fonctionner et ils investissent de moins en moins dans les jeunes groupes. De plus il y a actuellement tellement de formations qu'il est devenu plus difficile de se faire remarquer et de sortir du lot. Le problème est le même au niveau des lives. Organiser un concert a toujours été difficile, mais ca devient de pire en pire... pourtant le public metal existe bel et bien !
De notre côté nous allons tenter de faire le plus de concerts possibles. Nous continuons également à composer de nouvelles chansons en essayant de nous améliorer toujours plus. De nouveaux éléments sont en train d'être intégrés dans notre musique, comme un travail plus poussé au niveau des voies.

Un dernier message ?

Merci pour cette interview et le travail général effectué pour aider la scène underground ! J'espère que nous pourrons nous produire prochainement prêt de chez vous et si c'est le cas, nous ferons tout notre possible pour vous botter le cul !

Autocrator