ASIDE FROM A DAY

aside from a day

Post-core, France

Janvier 2009

Deuxième full-length en cette année 2008 pour le groupe Aside From A Day, et quand on voit la qualité du skeud en question, on se dit qu'il y a de fortes chances pour que cette formation deviennent l'une des locomotives de cette scène française! Occasion rêvée donc de bavarder un peu avec Fred, chanteur du groupe, histoire d'en savoir un peu plus sur la bête. En voici le résultat... bonne lecture!

Hello les gars ! Entrons de suite dans le vif du sujet, on fera les présentations une prochaine fois... Quels sont les retours que vous avez eu jusqu'à présent pour cet excellent « Manufactured Landscape » ? Y a-t-il un reproche récurrent ?

Pour l'instant très positif, nous savions que les gens nous attendaient au tournant après la sortie de ce second album. "Divine proportion" avait pas mal fait parler de lui. Normal que nous soyons attendu sur cette nouvelle production. Mais les retours sont vraiment incroyables et nous sommes très heureux de la tournure que prennent les évènements. La version CD doit déjà être repressée donc c'est vraiment satisfaisant.

Vous avez signé sur l'un des labels les plus intéressants du moment, à savoir Division Records. Comment s'est passé le deal avec eux ? C'est le grand « retour » de Division Records, que représente pour vous ce label suisse ?

Après avoir été en contact avec eux à plusieurs reprises, ils ont souhaité écouté l'album fraichement enregistré, quelques jours après ils nous ont confirmé la signature d'Asidefromaday sur Division Records. Le deal est simple, claire et satisfaisant.
Pour nous, travailler avec ce label est une grande satisfaction, les groupes sur Division sont tous des groupes de qualité, j'aime à penser que nous sommes devenu l'un d'eux.

Vous pouvez revenir sur cette fin de collaboration avec Impure Muzik ?

Pas grand chose à en dire, lorsque le précédent album est sorti sur Impure muzik, c'était un coup de main entre amis puisque nous connaissons Joss, boss du label depuis plusieurs années maintenant. Nous étions en difficulté pour finaliser la sortie, il nous a aidé. En ce qui concerne "Manufactured Landscape", nous cherchions un label capable de prendre en charge tous les aspects d'une sortie d'album au niveau européen voir international. Nous ne voulions pas d'une collaboration entre plusieurs labels ou autre chose du genre. C'était pour nous une priorité de n'avoir à faire qu'à un seul interlocuteur. Division Records est le partenaire idéal pour nous.

Vous aviez sorti l'album préalablement en version digitale payante, a contrario de groupe comme Celeste ou Madame de Montespan par exemple. Avec le recul, quel bilan tirez-vous de cette « expérience » ? Pourquoi avoir choisi au final de sortir l'album en CD et LP ?

Ce n'était pas à proprement parler une "expérience" mais plutôt une nécessité financière. Nous avons dépensé pas mal d'argent pour cet album et il était indispensable d'avoir un retour rapide. Nous avons passé pas mal de copies digitales, plus en tout cas que ce à quoi nous nous attendions donc bilan positif. Et puis quoique les gens en pensent, faire et enregistrer de la musique coute cher et nous n'avons pas encore la chance d'imprimer des billets dans la cave ou d'avoir un mécène généreux. Il faut bien honorer les factures donc pas vraiment le choix. De plus, l'évolution de la musique portable avec les lecteurs mp3 notamment ont favorisé ce choix. L'avantage c'était de pouvoir obtenir l'album 2 mois avant sa sortie sur support physique. Au final, tout le monde était content.
Quant au choix de sortir une version CD et LP, que te dire sinon que cela ne pouvait être autrement. Plus l'album est disponible sur différents supports, plus large sera sa diffusion et sa disponibilité. J'ai une préférence pour le LP mais tout le monde ne dispose pas d'une platine donc le CD était une bonne alternative. L'objet qui accompagne la musique est pour moi aussi important car il porte aussi la didactique du groupe.

Vous avez vraiment mis toutes les chances de votre côté pour cette sortie ! Parlez nous de cette collaboration avec l'affreux Magnus Lindberg ! J'avais demandé aux Tanen, qui sont également passés par lui cette année, à combien s'élevait le prix d'un mastering... sans réponse malheureusement. Vous pouvez être plus bavard sur ce point, disons à titre indicatif ?!

T'es sûr de vouloir parler argent car en France ça se fait pas trop (ndlr:c'était avant les élections de 2007 ça...)! Je ne vais pas tourner autour du pot pendant 100 ans, nous avons fait le mastering de la version CD et de la version LP chez Magnus pour la modique somme de 1300 euros environ.

Pourquoi avoir choisi ses services ? Votre collaboration avec Ed Brooks (Botch, Isis, etc.) pour le « Divine Proportion » ne vous avait pas totalement satisfait ?

Notre précédente collaboration avec Ed Brooks a été très satisfaisante car elle correspondait à l'album "Divine proportion", un album plus rapide et chaotique. Pour "Manufactured Landscape" il nous fallait un mastering plus lourd et plus à même de restituer le "poids" de notre musique. Magnus nous a semblé être la bonne personne pour faire ce que nous voulions pour cet album. Et avec le plus grand bonheur car le résultat est plus que correcte et le bonhomme sérieux et sympa. De plus, son CV est plus que conséquent donc pas d'hésitation au final, nous prenions peu de risques.

Qui s'occupe de tout l'aspect visuel chez Asidefromaday ? Jusqu'à quel point pensez-vous que le visuel soit important pour un groupe de musique ?

Notre guitariste Nico alias Drawcaliber est infographiste de métier. Il a quasiment toujours été à l'origine de nos visuels tous supports confondus. Nous effectuons un gros travail autour du graphisme. Comme je l'ai dit plus avant, l'aspect visuel est très important car il amène du sens et crée une entité avec la musique. Nous passons pas mal de temps sur les créations graphiques, Nico sur sa souris d'ordinateur et moi sur son dos pour lui demander toujours plus.

Comment s'est passée votre tournée pour promouvoir le petit dernier ?

Très bien malgré quelques annulations de dernière minute. C'est pour nous toujours un plaisir d'être sur la route entre amis.

Le live semble être important pour vous, vous avez d'ailleurs également sorti un DVD cette année, « Videography », notamment grâce à l'excellente boîte de prod' suisse Dali production. Pourquoi cet « investissement », un peu atypique dans cette scène ?

En ce qui concerne "Videography", l'idée vient du label qui a tourné, monté et produit le DVD. Après nous avoir filmé lors d'un concert en Suisse, ils nous ont proposé de poursuivre cette démarche. Nous avions de notre coté plusieurs bandes vidéos disponibles et nous avons complété avec plusieurs autres tournages. C'était pour nous une nouvelle démarche, une nouvelle expérience et définitivement un objet bonus et suffisamment rare pour être intéressant à investir. Nous n'aurions jamais pu faire tout ça sans le travail énorme que les gars de Dali Recordings ont accordé à ce projet.

J'ai cru comprendre que vous alliez repartir sur les routes en avril 2009. Vous pouvez nous en dire un peu plus ? Avec la notoriété que vous avez, est-il difficile néanmoins de booker une tournée ?

Nous repartons en tournée en Avril pour une dizaine de jours pour continuer la promotion du nouvel album en passant par plusieurs pays comme la Hollande, l'Allemagne, l'Autriche et la Suisse bien évidemment. Booker n'est plus vraiment un problème si tu es OK pour jouer pour 50 euros et une salade froide. Mais nous sommes des vieux maintenant et on demande énormément d'argent et des conditions de dingues pour venir jouer. Oui ça reste dur de booker dans des plans correctes avec un cachet digne de ce nom et pas le fond de caisse de la soirée bière de la veille. Nous aspirons maintenant à ne plus perdre d'argent et à en ramener un peu si possible pour financer notre musique.

En parlant de booking, ce n'est plus vous qui vous occupez de ça mais (Holy)Marie de Division Records... Pourquoi changer votre manière de fonctionner ?

Disons que nous ne sommes plus aussi disponibles pour nous occuper de tout ça et que nous préférons consacrer notre temps à la musique plutôt qu'au mailing. Marie est en charge de la promotion et du booking pour Division Records, ça fait partie du deal avec eux. Nous aspirons à d'autres choses maintenant comme arrivé sur le plan et que tout soit planifié et correcte.

Toujours par rapport à la scène, vous avez eu l'occasion de partager les planches avec des sommités (Cult of Luna, Tantrum, Envy, Knut, etc.) ! Quel est votre meilleur souvenir ?

Dur de choisir...je dirais sans ordre de préférence, la tournée en Allemagne avec Anodyne, Lausanne en Suisse avec Envy, Agen ou nous étions invités par Gojira, récemment avec les petits suisses de Knut. Mais réflexion faite, je crois qu'en fait j'ai une soirée mémorable en tête avec Catharsis ou ce fut pour moi une révélation tant scénique que "spirituelle".

Voila pas mal d'années maintenant que vous êtes dans cette scène, bientôt une décennie en fait... Quelle(s) évolution(s) notable(s) percevez-vous ? Plutôt optimiste ou pessimiste, du genre s'était mieux avant ?

Oui fichtre dix ans bientôt...Ce qui m'a le plus frappé, je dirais le nombre de groupe qui se sont formés depuis 3, 4 ou 5 ans. Des mecs qui sortent de nulle part et qui propose quelque chose d'intéressant au premier essai comme Goodbye Diana ou Into the final analysis. D'ailleurs je me demande ce que devienne ces types. Je sais que Goodbye Diana à ressorti un album mais que devient ITFA ??

Vous faîtes le maximum pour que votre musique soit disponible internationalement, notamment au Japon, Australie ou encore au Canada... Le besoin de franchir une nouvelle étape ? Vous avez des retours sur la scène française en général ?

...une nouvelle étape, non je ne crois pas, je dirais la suite logique des choses. Nous souhaitons diffuser notre musique partout et le plus fort possible. Division Records travaille dans ce sens et cela nous convient parfaitement. C'est aussi vital pour eux de diffuser leurs groupes que pour nous d'exister en tant qu'artiste à part entière.
En ce qui concerne la scène française, peu de retour, on entend toujours parler des mêmes. Je ne donnerai pas de nom, je pense que tu trouveras facilement quels sont les trois ou quatre groupes français un peu connus à l'étranger.

Le nom de l'album est un clin d'œil à Edward Burtynsky. Vous pouvez nous en dire un peu plus là-dessus ? Êtes-vous sensibles à des courants tel que l'anarcho-primitivisme qui prône, notamment, le démantèlement de l'industrie et un « retour » à la Nature ?

Nous avons découvert que "Manufactured Landscape" était un titre utilisé par cet artiste vidéo après que nous l'ayons choisit. Il s'agit d'une coïncidence plutôt troublante d'ailleurs puisque l'un des thèmes de l'album est la pollution tout comme le thème de ce reportage. Mais il ne s'agit pas de pollution industrielle au sens strict du terme mais plutôt d'une pollution de l'esprit et du coeur. Ceci tient son origine dans la facilité avec laquelle nous sommes capables de nous fourvoyer avec des chimères telles que la religion, la consommation à outrance, l'égocentrisme démesuré et la capacité à nous aveugler nous même dans cette vie qui de par sa nature et son environnement nous échappe constamment. Pour se donner l'impression de maitriser un tant soit peu cette vie, nous créons divers artifices pour justifier nos actes. Voilà pourquoi, j'ai choisi d'appeler cet album "Manufactured Landscape".
Nous sommes les seuls créatures sur terre à être capable de modifier suffisamment notre environnement pour nous en croire maître.

...un retour à la nature...quelle nature ? Ça existe encore cette chose ! La nature ?! Ça me dit rien. Quant à l'anarcho-primitivisme, je leur souhaite bien du courage s'ils doivent se faire opérer d'une tumeur au cerveau. Quoique...avec une branche de hêtre et un coquillage faut voir.
Non, soyons réalistes il est trop tard pour tout ça, tout ce que nous pouvons faire maintenant c'est tenté de limiter les dégâts et prier je ne sais quelle entité ectoplasmique qui voudra bien sauvé ce qu'il reste à sauver.

Vous n'avez manifestement, vous!, aucun problème avec l'étiquette « post-hardcore ». Êtes-vous d'accord avec moi pour dire qu'il y a un acharnement typiquement français envers ce style ? Comment réagissez-vous lorsque l'on vous compare à un « Pelicult of Neurisis » ?

Je sais qu'Asidefromaday est un groupe original et personnel, alors quelle étiquette choisir, accepter, rejeter...? Je ne sais pas vraiment. Chaque terme correspond à une époque donnée, il y a quelques années il s'est passé la même chose avec l'émocore...et ainsi de suite. Nous évoluons actuellement dans une mouvance post-hardcore, qui sait si dans 5 ans nous ne ferons pas de la techno-folk ? Ce qui nous interésse en tant qu'artiste c'est que la musique que nous faisons interpelle. Peu importe que ce soit métal truc ou post machin.
Du coup je réagis pas trop qu'on on nous compare à Pelicult of Neurisis parce que ce groupe n'existe PAS héhéhé ! De plus, je ne trouve pas que nous soyons proche de ces groupes pré-cités. Nous sommes plus souvent "affilié" à Breach, Buried Inside ou des groupes plus math.

Vous semblez avoir lié des relations particulières et privilégiées avec la scène Suisse. Quel regard portez-vous dessus ? Comment vous êtes-vous, par exemple, retrouvés sur cet improbable festival qu'est le Toxoplasmose ? Festival qui, rappelons le, est mené de main de maître par une bande d'enragé, organisé en pleine nature en haut d'une montagne, à plus de 20 minutes de marche de la première habitation...

La scène Suisse est pour moi l'une des plus riches et des plus prolifiques d'Europe. On ne peut que se souvenir des émules de Nostromo, Knut, Unfold, Body Bag, Mumakil, Shovel... Les Suisses ont un son et une façon de jouer qui est reconnaissable assez aisément. Tout ce chocolat, c'est pas normal mais ça marche !
Pour le Toxo Fest, c'est Julien de Dali Recordings qui nous a booké le plan. C'est d'ailleurs pendant cette soirée que le deal avec Division Records s'est plus ou moins fait. Une très bonne soirée donc.

Quelle est, ou plutôt quelle sera votre actualité dans les mois à venir ? Asidefromaday ne s'est pas encore lancé dans un Split avec un autre groupe... c'est une possibilité à plus ou moins long terme ?

Comme nous en avons parlé plus haut, nous repartons en tournée en Avril, quelques festivals cet été, puis nous préparerons certainement un nouvel enregistrement pour fêter les dix ans du groupe peut être un 10'', on en parle avec Division Records, on vous en redira plus d'ici six mois.
Pas de split prévu, je sais pas si c'est vraiment quelque chose qui nous attire.

Je me décide, enfin, à conclure... désolé pour cette interview fleuve ! Bonne continuation en tous les cas, vous le méritez sincèrement... Les mots de la fin sont à vous.

Merci à toi pour ton intérêt, à vous deux pour la compilation. Merci à toi qui prend le temps de nous lire, écouter, soutenir.

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