ERESIS

ERESIS - groupe

Prog' Metal, France

30/08/2013

Si pour vous le Metal Prog' c'est DREAM THEATER et donc c'est chiant, laissez-vous tenter par ERESIS, jeune groupe parisien prolifique dans sa musique (Shedding Madness) et dans ses mots.

Bonjour messieurs. Puisqu'il s'agit de votre première interview pour la Horde Noire, vous ne couperez pas à la question bateau : pouvez-vous nous présenter le groupe ?

Fred : 5 êtres qui musicalement sont devenus 1 ! Un peu comme les Bioman mais pour faire de la musique.

Silvère : C'est pas faux... Fred et Jon se sont rencontrés en 2008, avec la nette volonté de créer un groupe metal, orienté compo et non reprise, libre dans ses influences, non cloisonné à un unique style de référence. Je les ai rejoint fin 2008 grâce aux petites annonces Zikinf. Inutile de préciser que leur folie-musicale m'a immédiatement scotché : enfin un groupe où les délires du batteur ne sont pas tabous, mais encouragés ! Puis Nico, une vielle connaissance de Fred nous a apporté son merveilleux organe (sa voix) début 2009, et Rémi son incroyable doigté quelques semaines plus tard (toujours via Zikinf).

Vivant à Paris et donc au centre du monde (c'est ce qu'on vous laisse croire en tout cas), pourquoi être allés chercher un patronyme chez les Sumériens ?

Fred : Si pour Johnny tout vient du blues, pour l'histoire de la civilisation humaine tout vient de Sumer !!! Les questions mystiques, mythologiques, religieuses , historiques et même politiques que l'on se pose trouvent leur fondement chez les premières grandes civilsations (égyptienne et notamment mésopotamiennes). Et si beaucoup d'artistes cherchent des influences chez les latins ou chez les grecs, nous trouvions original de remonter encore plus loin. Eresis "la Reine des Etoiles" est un patronyme souvent attribué à la déesse égyptienne équivalente Nephtys (selon Anton Parks), une déesse réputée avoir un certain caractère!

Silvère : Le choix d'une icône aussi décalée qu'une déesse sumérienne est révélateur de notre état d'esprit. Prendre du recul, arborer un point de vue différent de la norme, chercher un angle original et non consensuel, c'est notre credo aussi bien dans l'image graphique du groupe que dans nos textes et notre musique.

Plus largement, de quoi traitent vos textes ?

Fred : Les textes tournent largement autour de la folie humaine et de sa mutation au travers les âges sous l'angle philosophique, mystique, religieuse et psychologique. Des titres comme"Through The Eyes of Gods", "Down To Cassiopea" ou "Masters of the Invisible" nous donnent des pistes de recherche sur notre identité, sur nos origines et plus globalement sur la prise de conscience de l'environnement dans lequel l'Etre vivant évolue. Eresis est un terme féminin et le thème de la féminité est très présente dans chaque chanson chaque fois d'une façon très différente. La douleur amoureuse dans "Tales of The Greenfairy" bien sûr mais aussi la muse torturée dans "The Aynans"... En langue française beaucoup de thématiques métaphysiques sont traduits par des thèmes féminins : la Mort / La Peur de la Mort ("Nothingness") ou l'Existence et la Réincarnation ("Being"). "Persepolis" est une chanson qui nous conduirait au buché pour hérésie (sans mauvais jeu de mot avec Eresis !!)

A l'écoute de vos chansons, une question se pose inévitablement : est-ce un même esprit schizophrène qui compose ou avez-vous tout plein d'idées parmi lesquelles vous ne voulez pas faire le tri ?

Silvère : Nous avons un duo de choc qui nous apporte des ébauches de compositions : Jon et Fred. Dès qu'on commence à travailler une nouvelle compo, chacun modifie sa partie selon son inspiration, influence passivement les autres, et souvent propose des nouvelles parties... rapidement on arrive à un chaudron infernal (tu appelles ça de la schyzophrénie, toi ?), et là il est temps de faire le ménage pour revenir à un tout cohérent. On n'est pas avare de tentatives, on se donne le temps de la réflexion, et ça peut prendre des semaines, même des mois avant qu'on arrive à une compo stable dans ses parties. Chaque titre de l'album a énormément évolué entre sa première présentation en répétition et sa version finale. On a beaucoup travaillé à la cohérence des parties au sein de chaque compo : même si on ne se fixe pas de limite quant aux styles des parties (une bossa peut suivre un passage black, pas de souci), on essaie de ne pas violer les oreilles de l'auditeur à chaque transition... et ce n'est pas facile tous les jours !! Donc, pour répondre clairement à ta question : on fait du tri dans nos idées, on ampute allègrement du riff, mais uniquement ceux qui n'ont pas trouvé leur place dans la compo.

D'ailleurs où allez-vous chercher tous les éléments de cette large palette d'influences ?

Fred : Je crois que nous avons tous un certain eclectisme dans ce que nous écoutons, que cela soit dans la variété des styles ou encore dans l'histoire de la musique elle même. Nous écoutons Pink Floyd, Dimmu Borgir, John Coltrane, Mozart, Gun's n Roses ou même Britney Spears !! Ce n'est qu à moitié une blague au sens ou nous écoutons beaucoup de choses... Ceci étant dit la trame commune à nous tous sont certains groupes de metal prog comme Opeth ou évidemment Dream Theater.

Au fait, pas trop dur de trouver un local dans la capitale (si vous avez un bon plan à donner à de petits jeunes qui débutent...) ?

Fred : La classique Luna Rossa, vers BFM !

Silvère : Auparavant, nous avons essayé divers studio dans Paris (lieu de rendez-vous pratique car nous sommes éparpillés en Ile de France), mais nous avons souvent été déçus par le matos en mauvais état, les locaux miteux, l'état d'esprit des gérants. Bref... la Luna Rossa c'est cher, mais les gars du studio sont assez disponibles si on a besoin d'eux, et au final, malgré leur trogne renfrognée, ils sont sympas !

A quand la tête d'affiche avec KISS et LORIE au Hellfest ? Et quelles ambitions avez-vous à court, moyen ou long terme (hors la cocaïne et les péripatéticiennes, trop évidentes pour être encore mentionnées) ?

Fred : Ce qui nous motive c'est l'argent. Nous avons fait un album qui est une usine à tubes !!! (Joke) Rémi et Nico s'étant éloignés géographiquement du groupe pour cause professionnelle, nous avons tous les cinq jugé préférable de leur trouver des remplaçants pour ne pas interrompre la progression du groupe. De fait nous sommes actuellement en train de restructurer le groupe (nous avons déjà trouvé un clavieriste) tout en travaillant beaucoup de nouveau matériel ! Donc les tournées mondiales attendront un peu. Mais la formation de "Shedding Madness" a effectué des concerts avant la sortie de l'album.

Silvère : Oui, ce n'est pas une période facile pour partir en tournée mondiale... Mais nous voyons le côté positif de la chose : nous travaillons le contenu du prochain album en attendant le line up définitif !! Et je vais me permettre de divulguer un scoop... ce prochain album sera encore plus prog, plus torturé, plus barré, plus... Eresis !!

Ok, c'est bien beau tout ça, mais maintenant la question « choisi ton camp camarade » : sex, drugs and rock n'roll ou revue du Lido, champagne millésimé et accordéon sur la butte Montmartre ?

Silvère : Tu l'auras compris, Eresis est éclectique ! Donc je suis prêt à parier que Fred choisira l'accordéon, Jon choisira sex + drogs + rock n' roll... ça va finir avec un truc bâtard genre "sexe au champagne au pied de la butte Montmartre, avec un prêche anti-drogue" Donc non on ne répondra pas à ta question piège !!

Un jour, le Dalaï-lama a dit : « Tiens, il fait beau aujourd'hui ». En écho à cette sage assertion, avez-vous des commentaires à nous livrer sur l'état de notre planète ?

Fred : Elle va bien !! Plus sérieusement, difficile de ne pas tomber dans la réponse bateau mais néanmoins réaliste que notre planète est à un seuil. Soit le bateau coule soit nous redressons la barre. Il ne s'agit avant tout que du Grand Réveil des Consciences... Surtout la Volonté de vouloir être plus Conscient... En gros il faut choisir entre la pillule bleu ou rouge... C'est finalement le choix de rester dans la folie et de la développer ou de tenter de voir plus loin... On revient bien sur le sujet central de "Shedding Madness" !

Sargon