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Mayhem : Out From The Dark

MAYHEM - Out From The Dark

Black Metal Records, 1996

Black metal, Norvège

Compilation Vynil

L'empreinte de Dead fût gigantesque pour le black metal norvégien et est aujourd'hui encore non négligeable. Avant-gardiste, il incarna la voix du black metal et de nombreux groupes l'ont pris comme modèle au début de la seconde vague de black. Il initia également avec son éternel associé, le corpse paint, maquillage macabre qui sera devenu très vite la marque de fabrique des metalleux extrême de Scandinavie. Du début jusqu'à la fin, et surtout après la fin, Dead fût un modèle et acquit un grand respect : en témoigne les nombreux hommages qui lui seront rendus mondialement. En vrac, on peut aller jusqu'en Amérique du Sud où Massacre lui consacrera tout son premier album (le chanteur du groupe est également à l'origine du bootleg où figure la photo du cadavre de Dead) ; les Hollandais de Bestial Summoning lui écriront un très beau texte intitulé ‘‘I am home''.

Mais finalement que nous reste-t-il de cette défunte légende ? Que nous reste-t-il de convaincant surtout ? Ce live à Leipzig qui n'aura jamais que le poids d'un « bon live », le susmentionné Dawn of The Black Hearts , production de merde dont le seul intérêt réel se situe dans la pochette faisant la fortune du également décédé Mauricio \"Bull Metal\" Montoya, et enfin une série de bootlegs, tantôt à moitié intéressant, tantôt totalement inintéressant. Dead possède aussi à son actif une demo de son premier groupe qui ne cesse d'être inutilement rééditée depuis 22 ans, la pochette de la première demo de Immortal, ainsi qu'une très courte apparition dans le clip « Bewitched » de Candlemass (regardez à gauche du chanteur à 4'23).

Au final, reste réellement audible que deux morceaux studios enregistrés pour une compilation anglaise de metal extrême et ce Out from the dark . Out from the dark est le dernier rehearsal enregistré par Dead avant de mourir, il est également limité à 1800 copies et son titre est une phrase de la chanson « Freezing Moon » qui ne veut pas vraiment dire grand-chose.
Premièrement, ce vinyl est un rehearsal, soit l'enregistrement d'une répétition d'un groupe, qui a dans 90% des cas un son à chier. Le son n'est pas si mauvais que ça, mais c'est très loin d'être parfait : on nous propose 7 morceaux, 4 de Deathcrush et 3 du futur album.
Malgré le son des instruments qui est parfois inaudible, on peut dire que ce EP rend fièrement hommage à Dead, dont la voix est mise en avant, au lieu, point positif, d'être noyé dans le bruit de fond comme c'est généralement le cas sur ce genre de produit. Ses vocalises sont parfois effrayantes, et atteignent leur paroxysme pour, moi et à mon étonnement, sur la piste 4 \"Buried by time and Dust\" où notre macabé offre un chant hypnotisant et des plus obscures jamais enregistré jusqu'ici. \"Freezing Moon\" est plutôt mal interprétée, c'est d'ailleurs dommage. Cependant \"Funeral Fog\" est chanté tout de même assez bizarrement, \"Pure Fucking Armageddon\" ressemble enfin à quelque chose, et la piste quatre fait remonter en flèche l'estime qu'on a pour le chanteur et représente le plus grand intérêt de cette galette.

Un grand hommage, certes, même si je favorise tout de même \"Freezing Moon\" en studio, si je devais faire découvrir Dead à quelqu'un. Out From The Dark ravira les plus fans mais semble malgré tout assez creux au niveau du son et on a tendance à rester sur sa faim. Tout ce que je peux dire à ça c'est « dommage » ! Tout ça en studio aurait été vraiment génial, mais Attila rattrapera plutôt bien le coup et s'imposera comme vedette du premier album de Mayhem.

Pas un must-have, mais tout de même intéressant si vous avez 50 euros à dépenser !

Jolly Jumper - 7,5/10