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Momentum Mortis : Finis Fabulas

MOMENTUM MORTIS - Finis Fabulas

Seventh Crow Records, 2011

Dark folk, France

Full-lenght

Autant vous prévenir tout de suite, cet album est tout à fait atypique. Signé par Momentum Mortis, qui nous avait donné les excellents albums de dark folk Fabulas et Silent Sanatorium , Finis Fabulas est l'un des albums de clôture du projet. En effet, Oraku - unique musicien derrière les manettes - a décidé d'arrêter le dark folk et de passer à autre chose. Pour la fin du projet, donc, trois albums sortent en même temps (!), dont celui qui fait l'objet de la présente chronique, et qui est atypique à tous égards, ne serait-ce que par le matériau dont il est fait : des chants grégoriens.

Ici, pas de guitare électrique, pas de batterie survoltée : vous plongerez dans un état de stase dès le premier morceau et vous n'en sortirez pas avant le dernier. Il y a bien quelques sons connus auxquels les métalleux et autres déviants musicaux peuvent se raccrocher - un peu de guitare sèche au détour d'un morceau, du clavecin au début d'un autre, une cloche... mais dans l'ensemble, tout l'album ressemble à une gigantesque introduction pour galette de black, à ceci près que Finis Fabulas se suffit parfaitement à lui-même. L'essentiel de la musique est fait de nappes de clavier, tantôt ombrageuses, tantôt lumineuses, souvent les deux à la fois. L'originalité réside dans l'instrument émulé par le clavier. En effet, l'instrument joué n'est autre qu'un ensemble de chants grégoriens, enregistrés dans une cathédrale (avec de vrais interprètes) et samplés sur un instrument virtuel. Le résultat sonne à mi-chemin entre l'artifice du clavier et le véritable écho des chants remplis de foi que l'on peut entendre dans une église (à condition de ne pas y aller pour faire comme le jeune Vikernes, ah ah).
Paradoxalement, les morceaux sont à la fois très sombres et très légers. On retrouve la noirceur du double-CD Fabulas , concentrée dans un aspect quasi religieux, presque dépouillé. Le troisième morceau, \" Statue de pierre \", fait un peu penser à du SOMBRE PRESAGE sans le côté pompeux et prise de tête ; on y entend d'ailleurs très bien le va-et-vient entre un premier choeur grégorien quasi naturel (mais tout de même samplé), un second choeur devenu si lisse qu'il ressemble à la surface d'un lac, et la voix (originale et non samplée) d'Oraku lui-même, dont les chuchotements ne sont pas dénués de la tristesse adolescente qui s'étendait dans le CD Tyverius de DIR DESPAIRS (même si le style n'est pas le même, je dois l'avouer).

Un album extrêmement reposant, à écouter dans le noir ou à la lumière de la bougie. Assez expérimental pour partir sur des sentiers non encore trop battus - un album de dark folk réalisé presque entièrement en chants grégoriens samplés n'existait pas, à ma connaissance, jusqu'ici - et sonnant assez juste pour plaire un petit moment.

Geodaxia - 8/10