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Auspex : Mysteries of the stars

AUSPEX - Mysteries of the stars

Autoproduction, 2005

Heavy metal symphonique, France

Mini-cd

Je ne suis pas un adepte de la scène heavy, encore moins de celle d'aujourd'hui, mais je pourrais ainsi d'autant mieux juger cette demo en soit, d'autant plus que Auspex a l'avantage d'avoir une chanteuse, ce qui en ferait par les temps qui courent un groupe de gothic metal, et cela depuis que NIGHTWISH a fait la jonction entre le heavy symphonique et le gothic metal, brouillant ainsi les pistes pour beaucoup de gens visiblement. Mais Auspex est là pour prouver qu'on peut faire du heavy symphonique avec chant féminin sans tomber dans le registre du gothic metal, ou encore pire, dans le registre du faux gothic metal. Auspex n'a en tout cas aucun rapport avec NIGHTWISH donc que les fans de vrai heavy qui regardent en défiance tout ce qui se rapproche de NIGHTWISH ne s'inquiètent pas, bien au contraire. Auspex revendique un certain nombre d'influences encrées dans la scène heavy, notemment symphonique avec Rhapsody et Symphony X, du plus classique comme Helloween et Synergy (mais avec chant féminin), ou encore du metal plus général comme Dimmu Borgir (ce qui n'est vraiment pas flagrant), ou tout simplement des références de rock comme Queen ou Pink Floyd, et évidemment la musique classique et les musiques de film, le côté symphonique ne saurait venir de nulle part! Un panel d'influences finalement assez classique, certes, mais Auspex évite tous les écueils. Le premier, on l'a rappelé, c'est d'éviter le cliché rébarbatif du gothic metal qui semble être la fatalité pour groupe à chanteuse (pour certains, filles dans le métal=gothique?!?), ce qui cependant est évité avec le chant féminin d'Elodie, également chanteuse dans KALISIA (oui les mêmes qui ont sorti \"Skies\" en 1995...), qui n'officie pas contre toute attente dans le registre lyrique mais qui prend sa source au final dans le heavy metal classique, je trouve, sans les désagréments des voix masculines trop haut perchées ou criardes, mais avec par-contre tous les avantages d'un chant féminin, le groupe bien avant cette première démo avait d'ailleurs débuté avec un chanteur. Le second écueil serait de tomber dans le heavy guilleret avec concept heroic fantasy cliché et bon enfant, ce que ne fait pas Auspex, qui d'ailleurs puise son influence dans les dessins animés japonais entre autres. Le résultat de tout cela est un heavy parfois épique (au sens où il se passe quelque chose), la longueur des morceaux allant jusqu'à 11 minutes dans le cas de \"Rise\" permet bien de le saisir, très mélodique, émotionnel et symphonique. Cette toute première demo de 24 minutes des grenoblois, depuis leur création en 2001, est donc tout à fait honorable. Il en émane un aspect très professionnel tant pour le son que pour la présentation. Auspex s'incrit avec ces trois morceaux aussi bien dans le heavy metal d'hier que dans celui d'aujourd'hui, avec les mélodies entrainantes typiques du heavy, des moments plus épiques, un côté symphonique assez travaillé, des claviers bien présents (quelques réminiscences finlandaises à noter), des morceaux assez progressifs (pas mal de variations), et une touche émotionnelle heureusement bien là.

Adnauseam - 7/10