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Cannibal Corpse : Butchered At Birth

CANNIBAL CORPSE - Butchered At Birth

Metal Blade Records, 1991

Death metal Culte, USA

Album CD

Cannibal corpse , toujours fondé en 1988, sort Butchered at Birth (seulement) un an après l'excellent « Eaten back to Life ». À première vue, beaucoup de points similaires entre ces deux albums: c'est encore au Morrisound Studio que le groupe enregistre ses compositions. Scott Burns , producteur, est lui aussi encore de la partie, le line up est inchangé, Glen Benton sera (encore) invité par le groupe, sur «Vomit The Soul» cette fois-ci. Autant dire qu'a priori, peu de changements perceptibles au sein du groupe et de l'enregistrement, pourtant les avis vont commencer à diverger. Pour certains, cet album, avec des morceaux cultes il faut bien l'admettre, comme « Meat Hook Sodomy » et « Vomit The Soul », sera considéré, avec « Tomb of the Mutilated » sorti un an après, comme l'apogée du groupe. D'autres se lasseront (déjà?) du groupe, critiquant principalement la production du groupe, avec un son trop plat, ne permettant pas de faire ressortir certains passages du lot. Notons que ce choix est un choix volontaire, et que Chris Barnes , en utilisant un chant encore plus gutturale qu‘auparavant, ne fera qu'amplifier le tout. Ce dernier point est à mes yeux le plus important: un peu de modulation dans ses parties de chant ne serait pas, ou tout du moins n'aurait pas été, de refus, remarque d'ailleurs que je pourrais réitérer pour Six Feet Under . Concernant la production, rien de bien étonnant à mes yeux, c'est Cannibal Corpse on ne peut plus cliché. Le fait d'accrocher ou pas est une autre question, mais ils ont au moins le mérite d'avoir leur propre identité (musicale cette fois ci) et de n'avoir (presque) jamais changé de ligne de conduite. Beaucoup de fans métalliques semblent penser qu'eux tout les Cannibal Corpse se ressemblent, la production si particulière me semblant être la cause majeure de cette critique. Mais mettons tout ça de côté et parlons des compositions à proprement dite, qui, quoi que l'on pense du groupe, regorgent tout de même de parties monstrueuses avec des riffs à faire pâlir n'importe quel Suédois!
\"Rancid Amputation\", \"Living Dissection\", \"Meat Hook Sodomy\" et ce fameux « Vomit the soul » sont sans aucun doute des classiques du groupe. Le jeu de batterie de Paul Mazurkiewicz sera certes moins intéressant que sur « Eaten back to Life », mais les riffs sont quant à eux jouissifs, très carrés, mélangés de manière quasi consubstantielle avec la voix, donnant un tout certes peu varié mais très efficace. Quelques solos, bien trouvés et s'accordant très bien avec les compos, viennent ponctuer ce « Envoyé à la boucherie à la naissance ». Le tempo, toujours très élevé actuellement, et encore plus pour l'époque, manquera cependant lui aussi de quelques variations. On regrette, vu le talent immense de Alex Webster (ancien membre de Hate Eternal ), que la basse ne soit pas plus présente. Très peu discernable, elle demande un certain niveau de concentration afin de savourer ses différentes parties.
Cet album, en somme, est un album de death, gore qui plus est, réservé pour les fans de old school, ceux de la première heure. Les ricains ont toujours choqué et ce n'est pas cette deuxième sortie, chez Metal Blade Records , qui viendra contredire ça. Rappelons que l'album était encore interdit jusqu'en 2006 en Allemagne (oui oui, le pays occidental juste à côté de la France, démocratique et libre soi-disant), que « Butchered At Birth », comme « Tomb Of The Mutilated », se heurteront à l'époque à un mépris encore plus grand auprès de ligues de censure organisées comme le PMRC (Parental Music Resource Center), formé pour la petite histoire (intéressante) par Tipper Gore, femme d'un certain Al Gore, sénateur et grand « protecteur » (surfant sur un effet de mode merdique) de la planète. Soulignons cependant que Chris Barnes et co ne sont à l'époque que des musiciens, certes extrêmes, certes adorateurs de films gore et surtout provocateurs, mais ne sont en rien, à mon humble avis, des suppôts de Satan ou autre cliché assimilé au métal! Les paroles du groupe, de plus, n'étaient même pas présentes dans la pochette de l'album en 1991, donc indisponibles pour la (grande) majorité!

Avis aux collectionneurs, aux fans du groupe, de death metal, ou tout simplement à tout ceux ayant de l'humour, une édition de « Butchered at Birth », l'une des premières en fait, contenait l'album enveloppé dans du papier blanc de boucher, avec écrit en rouge sang le nom du groupe!

Avis aux amateurs, cette fois ci, de « lounge music », nombreux sur la Horde Noire, \"Rancid Amputation\", huitième morceau de cette galette, a été repris en version lounge music par les australiens de The Chaser , intéressant, non? On s'en bat les couilles? Pas faux...

Caedes - 7/10