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Marduk : Rom 5:12

MARDUK - Rom 5:12

Blooddawn Productions, 2007

Black metal brutal, Suède

Album CD

Voilà enfin le treizième album de Marduk, pour un total de 10 album studio et 3 live. En ce qui concerne le line-up du groupe, il n'a pas changé depuis Plague Angel , mais malheureusement leur splendide batteur Emil Dragutinovic a quitté le groupe après avoir enregistré les morceaux 1, 2, 4, 6, 8 et 10, la batterie est tenue par Lars Broddesson pour les morceaux 3, 7 et 9. C'est donc le deuxième album où les vocaux sont interprétés par Mortuus, et le premier album où il s'occupera des textes. Mais mine de rien, cet album est une grande innovation pour Marduk, qui laisse une grande place à la finesse, quitte à parfois laisser de coté le coté brutal.

Dès les premières notes, on retrouve le type de riffs utilisés sur le précédent album, lourds et rapides, cependant quelque chose nous frappe, ce sont les mélodies intermédiaires à la guitare accompagnés de ralentissement de la batterie, les gros riffs sont entrecoupés par des mélodies très efficaces à la guitare. Mortuus s'impose par une voix grave et compréhensible, un chant complètement maîtrisé, et des cris d'agonie effrayant. Un effort énorme a été réalisé au niveau de la batterie, un jeux impressionnant en vitesse et en technique, ressemblant, voir égalant Hellhammer (oeuvrant chez Mayhem). Le premier morceau se termine sur le son des pas d'une troupe, pour directement enchaîné sur le deuxième morceau, \"Cold Mouth Prayer\", qui est un morceau hyper rapide mais toutefois assez technique, à tous les niveaux, un chant toujours aussi puissant, Emil et Mortuus nous laissent sur le cul pour leur performance, une telle violence pour à peine 3 minutes ça devrait pas être permis ! Le troisième morceau, \"Imago Mortis\", commence sur une batterie groove pour laisser suivre des guitares simples et pas trop violente, un chant moins rapide, toujours avec des longues notes graves à faire frissonner les morts, mais cette chanson impressionne surtout pour sa diversité dans les mélodies à la guitare, Morgan pratiquant son art depuis près de 17 ans, inutile de vous dire que son jeux dépasse de loin la plupart des autres guitariste du black métal actuel. Sans doute un des meilleurs morceaux jamais composés par le groupe, beaucoup plus fin et digeste que ce que nous servit le groupe autrefois. Après la courte outro, le groupe retourne à son habituelle rapidité pour 4 minutes et demie, avec des petits break acoustiques par-ci par-là. La piste 5, \"1651\", est toute particulière, car il s'agit en fait d'un morceau ambiant, style musique d'église mélangé à des chants guerriers, très étranges et parsemés de roulements de tambours. Ce morceau est en fait composé par le groupe d'indus martial Arditi. Une collaboration au résultat des plus morbides et inquiétants. On revient encore sur la brutalité et la vitesse pour la piste 6 \"Limbs of worship\". La suite débute sur des paroles latines, suivies par une guitare lente, dans la lignée du morceau 3. C'est toujours aussi bien composé, toujours aussi fin, mais cette fois au plus grand étonnement, un chant clair tient tête à Mortuus, et c'est une des premières fois que Marduk fait apparaître des voix clairs dans sa musique. Le morceau est appelé \"Accuser/Opposer\", et il met donc en scène Mortuus en tant qu' \"Opposer\" et le rôle de l'accusateur va à Naihmass Nemtheanga de Primordial. Le tout est surprenant et a un effet ultra-efficace. La neuvième chanson, \"Voices from Avignon\", est un gros résumé de l'album, elle offre différentes parties, tantôt technique et calme, tantôt archaïque et violent. On en finit avec des mélodies et des chants bizarres...

Marduk s'impose en Maître dans le black metal brutal, un grand courant d'air frais dont on avait le plus besoin se fait sentir, une structure intelligente : un morceau fort violent, un morceau plus technique et moins brutal. Morgan a décrit cet album comme le meilleur qu'il a composé, et je le rejoints avec entrain, on ne regrette pas de l'acheter, qu'on soit fan ou pas, c'est à avoir. Un travail qu'on ne risque pas d'oublier!

Jolly Jumper - 9,5/10