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Marduk : Wormwood

MARDUK - Wormwood

Regain Records, 2009

Black metal, Suède

Album CD

Voici le onzième album studio de Marduk. Au cas cela vous aurait échappé, ce groupe de black brutal suédois, culte dans les années 1990, avait déjà tourné sa veste dès « La grande danse macabre » (2001), surement à la faveur – et à cause – de ces incessants changements de line-up. Après avoir ravagé les chaines hi-fi et les fosses de salles de concerts à travers le monde avec « Panzerdivision Marduk » (album de 1999), la machine de guerre soudée qu'était Marduk révélait les défauts de sa cuirasse, avec un leader omnipotent qui n'a pas pu retenir ses membres historiques. Ledit leader, Morgan (guitare), a donc du recruter des musiciens, dont Mortuus, le chanteur de Funeral Mist ; et le Marduk « nouveau style » se stabilise en 2004 même s'il a encore changé de batteur. Mais sa musique se fait depuis moins brutale et plus personnelle. C'est donc dans le contexte des années 2000 qu'il faut prendre « Wormwood », un album pas foncièrement mauvais mais qui hérissera les poils des vieux fans dont je suis. Car Marduk confirme et amplifie les expérimentations de La « Grande Danse Macabre » et de « World Funeral », même si « Plague Angel » semblait vouloir revenir à une musique plus mordante : le chant, plus criard que celui de Legion, modulant parfois étrangement sa voix, peut choquer certaines oreilles. Et surtout, nous rencontrons ici une majorité de titres mid tempi, avec des riffs qui se font souvent lancinants, torturés, un peu comme si Funeral Mist avait déteint sur Marduk. Autre nouveauté, la basse est bien présente, et nous gratifie de lignes simples et hypnotiques, qui peuvent se révéler efficaces, comme dans le titre « Funeral dawn ». Certes, nous retrouvons quelques titres ou passages bien rapides et furieux, comme le premier morceau (« Nowhere, No-one, Nothing ») qui démarre en trombe, mais la hargne guerrière qui traversait les anciens albums est bien éteinte. Les passages violents sont bien plus sombres et fouillés, avec des sonorités déglinguées. Cet opus est un album résolument complexe et torturé. En un mot, Marduk lorgne vers le black métal dépressif. Mais pour les puristes, l'ancien Marduk est mort après 1999. Avec « Wormwood », il est définitivement enterré. Pour entendre une telle musique, autant écouter l'original, c'est-à-dire Funeral Mist.

Autocratôr - 05/10