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Behemoth : ...From the Pagan Vastlands

BEHEMOTH - ...From the Pagan Vastlands

Pagan Records, 1993

Black metal culte, Pologne

EP

Le bloc de l'URSS n'est plus, les pays de l'Est, déboussolés, commencent à peine à faire le bilan de plusieurs décennies de communisme. Des crises émergent, principalement économiques, trop de choses sont à reconstruire. Ils découvrent, stupéfaits, la culture « libérale » occidentale avec tout ce que cela entraîne mais l‘invasion culturelle ne se résumera pas aussi facilement et simplement. Le Black metal scandinave, en pleine âge d'or, va toucher quelques personnes, c'est encore minoritaire à l'époque, tout est à construire, les réseaux sont peu nombreux et très fermés. Nergal, accompagné des musiciens Baal et Frost (au risque de me répéter, ce n'est pas le Frost de Satyricon, c'est de la Pologne qu'on parle!), formera son groupe Behemoth en 1991, deux ans seulement après la chute du mur de Berlin. Là encore, deux ans après et deux démos (décidément) à leur actif, une tape au nom des plus mystérieux ...From the Pagan Vastlands sortira sur Pagan Records , en décembre 1993 donc...

Que dire sur ce méfait? Il pourrait être le pure produit d'un groupe BM nordique (de la même époque bien entendu, ça va de soi). Le son, parfois faiblard, avec production minimaliste, est de la partie. Le chant, typiquement black de Nergal, apporte satisfaction: relativement varié, je serais presque tenté de faire un lien avec Satyr, le timbre de leurs voix étant proche. La présence de clavier, on pourrait là encore à titre de comparaison citer Burzum, amène un certain côté mélodico-dépressif comme sur le titre « Blackvisions of the almighty ». On pourra aussi signaler que c'est un certain Rob Darken, qui n'est autre que le leader du très bon groupe Graveland , qui s'occupera d'envoyer les effets de vent (de rigueur) sur certains morceaux, comme sur le premier et très bon titre « From Hornedlands to Lindisfarne ». Le titre « Summoning of the ancient ones » ne surprendra pas totalement le fan de Behemoth puisque cette compo était déjà présente au sein d'une démo. Ne connaissant pas l'original, ou tout du moins la première version, la critique et encore plus la comparaison risque d'être difficile.

En somme, une démo de très bonne qualité, qui ravira tous les nostalgiques (et ils sont nombreux) de la grande époque. Les riffs sont efficaces, certes pas des plus originaux non plus, mais permettent la mise en place d'une ambiance singulière et sombre. Les vocaux de Nergal sont typiques de l'époque, ceux-ci seront plus intéressant, plus nuancé sur And The Forests Dream Eternally , premier EP du groupe sorti un an après. Behemoth n'apporte là rien de nouveau à cette scène en pleine émergence, l'artwork de la pochette ou encore les « corpsepaints » n'étant que d'autres exemples externes. Mais les Polonais assument pleinement, pour preuve cette reprise à la dernière piste de cette démo qui est la reprise de l'hymne « Deathcrush » de Mayhem . Fidèle à l'original, voir égalable, elle permet de clôturer de très bonne manière cette démo. Ce groupe, parmi d'autres il est vrai, permet au black, telle une horde noire (facile, je sais!), de s'étendre progressivement dans toute l'Europe...

Pour les plus curieux d'entre vous, sachez que cette démo est sortie sous le format cassette (par Pagan Records), et en version CD avec Wild Rags pour le marché américain et Nazgul's Eyrie pour l‘Europe.

Caedes - 9/10