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Judas Iscariot : Thy Dying Light

JUDAS ISCARIOT - Thy Dying Light

Moribund Records, 1996

Black metal, USA

Album CD

Thy Dying Light est le titre très symbolique de cet album, dont la pochette renvoie à la réflexion sur la désolation, la tristesse et la destruction, sujets chers à Judas Iscariot, dont Akhenaten est l'unique commanditaire. « ...But Eternals Beheld His Vast Forest », premier titre assez rapide, rappelant DARKTHRONE période 1993-4, ainsi que les premiers travaux de IMMORTAL, introduit ce second méfait. Les suivants « ...His Eternal Life, Like a Dream, was Obliterated » et « ...Helpless it Lay, like a Worm in His Frozen Tracks » sont très lents et torturés, remplis tous deux d'une dizaine de minutes de haine et de misanthropie. Ces deux titres phares sont tout bonnement exceptionnels, avec des riffs acérés tels les serres d'une charogne; l'ambiance y est nihiliste et glaciale, Akhenaten vomit sa haine de la race humaine, et les quelques accélérations sur « ...Helpless it Lay, like a Worm in His Frozen Tracks » bien intégrées, jaillissent comme une gerbe après un relent de dégoût ; c'est l'exemple même des morceaux mid-tempo qui ont fait l'essence du black-metal lent et dépressif. La suite de l'album revient à des morceaux plus rapides mais toujours pleins de haine, mais qui semblent un peu plus répétitifs; « ...Writhing upon the Wind of Mystic Philosophy and Dreams » et « ...They Saw His Pale Visage Emerge from the Darkness » sortent toutefois du lot, crus, sinistres et sauvages à la fois. L'unique instrumental « ...Thy Dying Light and Desolate Darkness » vient clôturer ce très bon deuxième album qui laisse présager, et ça sera vérifié, beaucoup de bonnes choses pour la suite. Le dernier titre « ...Arise, My Lord of Infernal Wisdom » est une sorte de court monologue assez déroutant car de prime abord incompréhensible. Il faudra alors vous débrouiller pour l'écouter à l'envers; ce n'est pas nouveau et DARKTHRONE sur « As Flittermice as Satans Spys » de Transilvanian Hunger (lors duquel on peut percevoir la voix du Count Grishmackh) l'avait déjà fait dans le même style. Seul bémol, la batterie interprétée par Akhenaten, comme tous les autres instruments est trop « claire » à mon goût et manque cruellement de précision sur certains passages, mais finalement elle ne colle pas si mal avec le style « quick & dirty » de l'ensemble. A noter également que la réédition de 2000 contient en bonus une plage vidéo du titre « ...The Heavens Drop with Human Gore », issue de l'album Of Great Eternity et enregistrée lors du « Sacrifice of the Nazarene Child Black Metal Festival » en 1999.
Un très bon album donc, s'inscrivant notamment dans la continuité de The Cold Earth Slept Below , en allant un peu plus loin dans son Art, à la fois épique et sombre.

Cyril - 9/10