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Arkhon Infaustus : Perdition insabilis

ARKHON INFAUSTUS - Perdition insabilis

Osmose, 2004

Black metal, France

Album CD

Perdition Insanabilis s'ouvre sur les éructations térébrantes de quelque damné, pour se clore dans la lenteur pesante de l'agonie... Autant vous dire qu'éthéré n'est pas le terme le plus adapté pour qualifier ce death / black léthal... Tout n'est ici que chairs putrides, miasmes suffocants et volupté malsaine. De toute évidence, ces quatre malades ne vivent pas dans la fraîcheur et l'indolence. Plus accrocheur et plus death que Filth Catalyst, leur précédente exaction, Perdition Insanabilis évoquerait un Bolt Thrower surboosté, et en plein bad trip... A l'atmosphère délétère et à l'esprit déjanté du black, Arkhon joint ces petits riens qui font les délices de tout death métalleux : riffs sinueux harmonisés à la tierce, vocaux simultanés dans un style deicidien, clarté et précision du blast beat, soli transgressant toutes les lois de l'harmonie (la grosse Malmsteen se tirerait des balles)... Et le goût accusé du combo pour le cul, ses excès et ses déviances, apporte une nouvelle dimension à un genre codé et sclérosé. Longtemps embourbé dans les délires grindesques convenus, le death metal semble ici renaître, et trouver la majesté qui lui a toujours fait défaut. A la manière d'un Blut Aus Nord, Arkhon fixe des vertiges, et affectionne ces leitmotivs étranges, vecteurs d'un malaise indicible (l'on songe notamment au lead lancinant de Profanis Codex LXVI), qui rendent les enfers habitables et accessibles aux bienheureux.

La souffrance est ici attirante, jouissive et sensuelle, et l'on souhaiterait presque séjourner dans ces royaumes sulfureux dont Arkhon entrebâille la porte. Mêlant la classe et la brutalité, cette musique procure autant de douleur et de plaisir qu'une bonne entaille au cutter.

Mesmera