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OM : Pilgrimage

OM - Pilgrimage

Southern Lord, 2007

Stoner/Doom Hypnotique, USA

Album CD

Difficile d'innover à présent. On a eu le droit à de multitudes formes de groupe. Il y a eu tout d'abord les « one man band » (continuité, à mon humble avis, de l'accroissement exponentielle de l'individualisme dans notre société). Après, il y a eu les groupes sans batteur, travaillant avec une BAR. Récemment, on a vu des groupes sans bassiste, je fais allusion aux excellents suisses de Cortez. Les groupes sans talent, ça ce n'est pas ce qui nous manque... Nan, c'est autre chose qui nous manquait jusqu'à présent, et c'est à ce moment-là qu'intervient les ricains d'OM : un groupe sans gratteux. Sacré défi que celui-ci tout de même. Seulement deux musiciens, un batteur et bassiste/chanteur. Certains ne l'auraient pas osé, d'autres l'ont tenté. Soulignons, avant d'aller plus loin, et afin de donner plus de crédibilité au groupe qui ne se résume pas à deux adolescents pressés de sortir leur galette, que c'est le quasi mythique Steve Albini qui a bossé avec eux. Quand on sait que ce monsieur n'a d'égal à son talent que son indisponibilité, on avoue être curieux de voir ce qu'OM peut bel et bien rendre...
Sans parler de coup de foudre entre ce duo et moi, je dois bien avouer cependant qu'ils ne m'ont pas laissé insensible. Il développe à merveille ce côté hypnotique, cette progression quasi-religieuse (un rapport avec leur cover ?), dont l'auditeur, avec un minimum de concentration, pourra difficilement s'en défaire. Minimum de concentration en effet, il en faut, OM n'est pas ce style de groupe que l'on écoute dans le métro. À écouter au casque, attentivement. Peu de notes sont jouées, raison de plus de ne pas les louper, de toutes les saisir. Alors même si le tout reste homogène (trop ?), certains peut être pourront regretter le manque à certains moments de variations. Le défaut majeur, une fois de plus pour ce style de groupe, réside dans la longueur de la bête. Pilgrimage ne dépasse en réalité pas la barre des 25min si l'on ne prend pas en compte le dernier morceau. Dernier morceau qui, à mon étonnement incommensurable, est en fait une reprise du premier titre, version plus courte. Intérêt de la chose ? Aucun. Hormis donc cette petite absurdité, un album qui a le mérite de se démarquer. À travers le line-up du groupe, comme je viens de le dire, mais également dans son approche de composition. À découvrir. Par curiosité.

Caedes - 7/10