AMENRA

AMenra groupe

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Juin 2008

Amenra est, pour ma part, le groupe le plus intéressant de ces dernières années. Après avoir livré une œuvre qui fera date dans l'histoire des musiques extrêmes, Mass III, le groupe remet le couvert avec Mass IIII. En pleine explosion, le groupe m'a néanmoins accordé un peu de son temps pour une interview juste avant leur show mémorable au Sonic. C'est Colin (chant) et Vince (guitare) qui ont eu la gentillesse de répondre à mes questions, et en français ! Merci à eux, et merci, très sincèrement, pour leur musique et leur très grande sincérité. En voici le résultat...

Pour commencer, je voulais connaître vos impressions sur la tournée US que vous venez de terminer...
Vince: Bien, très bien! C'était un peu bizarre... On avait déjà fait pas mal de dates avec des groupes américains en Europe, ils nous disaient qu'ici c'était vraiment très bien, que ça n‘avait rien avoir avec leur pays. On a été donc très curieux quand ç'a été notre tour de partir chez eux. C'est totalement différent! Tu vois, en Europe, dans une grande ville, quand il y a 3 concerts le même soir, c'est le bout du monde... là-bas il y en a 20! Les distances sont également incroyables! Tu peux rouler pendant dix heures de temps et tu n'as presque pas avancé! En ce qui nous concerne, on a eu pas mal de chances puisque la tournée s'est déroulée avec Battlefields, ils connaissaient bien la route. Pour ce qui est des shows en lui-même, ç'a été très enrichissant. C'est comme si nous recommencions du début, c'était un nouveau public, qui nous connaissait pas forcément autant que celui d'Europe...


Passons à Mass IIII à présent. Avez-vous ressenti une forme de pression pour la composition de cet album?

Colin: Oui. Les gens nous connaissent maintenant, ils ont aimé ce qu'on a fait sur le Mass III... On a eu pas mal de pression sur les épaules, on voulait faire au moins aussi bien. C'est pour cela que ç'a été si long, on a eu besoin de temps, on avait besoin de temps pour composer pour nous-même, et pas pour les gens...
Vince: C'était, aussi, difficile de rester dans le même style, sans pour autant se répéter. D'un côté c'est notre style, c'est ce qu'on aime jouer, on ne fera jamais un truc rock ou « post-rock »... Je pense que ç'aurait été beaucoup plus facile si nous avions changé de manière significative de style, car à ce moment-là, tu as plein de nouvelles idées qui te viennent à l‘esprit, ce qui facilite beaucoup le processus de composition. Mais on a voulu rester dans la même approche que Mass III, de manière honnête...


On peut par exemple voir/entendre la présence de manière plus prononcée de partie à voix claire. Il n‘y a dans le Mass III que sur le morceau « Le fils des faux il fallait que je parte pour que tu reviennes » ou tu chantes de cette manière. C'est venu assez naturellement pour toi?

Colin: En fait, sur tous les Cds qu'on a sorti jusqu'à présent, du I au IIII, il y a toujours eu du chant clair sur des morceaux. Ça vient naturellement, soit je trouve, soit on trouve que ça colle bien et après on ne se pose pas de question...

J'ai fait un lien, peut être à tord, avec Massive Attack. Tu penses avoir été influencé, plus ou moins consciemment?
Colin: Oui, j'en suis sur... On aime tous cette musique, on en écoute pas mal dans le van...
Vince: Tu sais, comme le disais Colin, ce n'est pas un truc ou l'on se pose plein de questions. C'est vraiment quelque chose qui arrive de manière très naturelle. On n'a pas pris la décision de faire quelque chose de plus « commercial » avec ces passages à voix clair. C'était déjà présent à la base dans notre musique, ce n'est pas vraiment quelque chose de nouveau pour nous. C'est peut être un peu plus présent, un peu mieux mis en avant par le biais de la production, mais ça s'arrête là...
Colin: Toutes nos influences, que ce soit de Massive Attack comme tu le disais à Neurosis se sont intégrées dans notre musique... C'est vraiment cool!

Restons dans le domaine des influences. Pensez-vous être « influencé » par la société qui vous entoure, dans l'environnement dans lequel vous évoluez?
Colin: Oui, là encore, beaucoup... Tout dépend de comment sont nos vies durant une certaine période. Un morceau sera toujours le reflet de nos expériences vécues à un moment donné.

Comment se déroule le processus de composition chez vous?
Vince: Ça dépend... En générale, c'est Ture ou moi qui arrive avec un riff ou une idée. Mais on ne compose jamais de manière individuelle, c'est vraiment quelque chose qu'on veut et qu'on souhaite partager.

Vous pensez à la voix dès le début ou c'est quelque chose qui s'ajoute en dernier?
Colin: Dès le début ça commence, on a nos premières idées. Après j'ai besoin d'un peu de temps pour vraiment absorber la musique, mais dès que le morceau est mis en place, on peut vraiment voir comment on va caler le chant, en fonction des variations, etc.

Par rapport au téléchargement, Mass IIII a été rapidement disponible sur le net. Comment vous réagissez à ça?
Vince: Oui, on a apprit ça assez récemment. Tu sais, je pense qu'on évolue dans un style ou les gens achètent encore des albums. Je ne pense pas ça devienne entre nous un grand sujet de discussion. Pour nous, ce serait presque plus un avantage. Pour les groupes plus commerciales, c'est autre chose... C'est un peu une nouvelle forme de promotion, ça nous permet de faire entendre notre musique à des personnes qui n'étaient peut être pas censé l'entendre...
Colin: C'est important aussi pour les gens qui n'ont pas beaucoup d'argent ou qui ont des difficultés à le trouver...

Je vous le dis sincèrement: j'ai téléchargé votre album dès que ç'a été possible mais ce soir, j'ai bien l'intention de l'acheter, comme tout ce que vous sortez d‘ailleurs...
Vince: Je pense que l'on fait à peu près tous comme ça à présent. J'achète beaucoup beaucoup d'albums, mais j'écoute aussi avant de faire mon achat, que ce soit par le biais d‘Itunes ou de Myspace. Le téléchargement nuie finalement beaucoup plus aux groupes qui recherchent à faire de l'argent avec leur musique qu'aux autres. Je pense très sincèrement que ce n'est pas un problème pour Amenra.

Parlons à présent des paroles de l'album. On pouvait voir sur le Mass III une thématique assez religieuse dans les paroles. Qu'en est-il pour votre nouvelle sortie?
Colin: C'est assez central. J'ai certaines choses à dire, ça ne change pas vraiment. Je pense que les gens y verront quelque chose d'assez similaire, même si, pour ma part, ce n'est pas le cas...

Certains titres sont en anglais, d'autres en français...
Colin: J'ai toujours souhaité utilisé différentes langues dans mes paroles. Tout ce que j'écris est un peu universelle. Les paroles sont toujours en anglais, c'est la langue que je préfère pour le chant, les titres quant à eux varient... ça peut autant être du néerlandais, que de l'anglais ou du français.

Pouvez-vous nous parler de l'artiste, Kluze, qui s'occupe de vos pochettes, que ce soit celle du Mass III ou celui du Mass IIII, elles sont toutes les deux en parfaite adéquation avec votre musique et vos atmosphères!
Colin: C'est un bon pote à nous. On a commencé à bosser ensemble, à échanger nos idées quand le Mass II est sorti sur vinyle. Notre relation a par la suite grandi, on travaille toujours ensemble à présent...

C'est également lui qui s'occupe des visuels?
Colin: Nan, ce n'est pas lui. C'est Mathieu, notre guitariste, et sa copine...


Pourquoi ce choix de mettre des visuels en live? Là aussi c'est venu naturellement?

Colin: C'est pour nous encore une nouvelle dimension. Pour les gens qui viennent nous voir pour la première fois en live, on veut leur donner un ensemble, avec plusieurs possibilités. Ils peuvent soit fermer les yeux et ne se focaliser que sur la musique, soit les ouvrir, et après libre à eux de ne regarder que les musiciens ou de se laisser emporter par les visuals...
Vince: Je pense aussi que, outre les visuels, l'éclairage est très important dans nos concerts. On joue pratiquement dans le noir, il y a une atmosphère sombre qui se dégage. C'est complet, on ne veut pas que quelque chose se démarque vraiment, on veut apporter au spectateur quelque chose d'homogène et sobre...

Parlons à présent de la scène. Vous vous êtes façonnés une sacrée réputation! Tout le monde s'accorde pour dire qu'Amenra en live, c'est une sacrée expérience. Je vous avais vu l'année dernière à Bruxelles, et il y a deux ans au Hellfest: il y a vraiment quelque chose qui se dégage! Vous êtes d'une telle sincérité, ce n'est pas le cas de tous les groupes...
Colin: Ne m'en parle pas, tu ne peux pas savoir à quel point ça me fait chier! Je n'arrive pas à comprendre comment tu peux faire ça! Je comprends pas comment tu peux faire tes balances avec ta tenue « techtonik » ou je sais pas quoi, et changer de tenue pour ton concert... ça me fait rire ces chanteurs qui chantent des trucs sur « la mer et les vagues »! Ça me fait chier! Faut être sincère dans tout ce que tu fais.

C'est vraiment ce qui caractérise/résume le mieux Amenra: la sincérité...
Vince: Tu sais, pour nous ce n'est pas un choix, c'est une évidence. Alors bien sur, des fois tu es dans un mauvais jour, mais dès que tu commences à jouer les premières notes de ton morceau, tu oublies tout, et ça y va!
Colin: Je me rappelle de la dernière fois ou on a joué ici. Notre batteur, qu'est d'ailleurs entrain de pisser là-bas, était complètement malade, il était entrain de mourir! Tu aurais vu comme il était pâle... Il était dans la camionnette, il a du nous dire au moins mille fois qu'il n'allait pas survivre au concert, qu'il fallait tout annuler. Nous on lui disait que ça allait le faire, que ça devait le faire. On lui a installer sa batterie pendant qu'il dormait. Il s'est finalement installé, et puis putain, il a joué tout le set, et nickel! (rires)

Je vous parlais du Hellfest tout à l'heure. J'ai vraiment eu l'impression que c'est avec cette date que vous avez explosé en France. Vous l'avez ressenti comme ça?
Colin: Je vois ce que tu veux dire. On avait fait d'autres concerts juste avant le Hellfest, plutôt dans le Nord de la France. On a toujours eu un important support de la France...
Vince: Mais on a travaillé pour ça! C'était dur au début, et ça l'est d'ailleurs encore. On jouait surtout au début dans des petits endroits, et même si on joue encore parfois dans des petits bars et qu'on aime ça, ça n'a pas toujours été très évident. On a commencé à donner des concerts dans votre pays à Lille, et de manière plus générale dans le Nord...

Et concernant le fait que vous ayez joué en pleine journée? Ça vous a posé un problème vous qui êtes habitués à jouer dans le noir?
Colin: Oui et non. Là ça allait encore mais c'est vrai que des fois, quand on joue sur des festivals, ça peut être difficile. Pour le Hellfest, ça allait, il n'y avait presque pas de soleil, c'était un peu nuageux comme maintenant, ça nous a aidé. Je me rappelle qu'on devait jouer sur un festival, en début d'après-midi. Il faisait très beau, tout le monde était encore là avec son croissant... On a eu le temps de jouer une seule chanson: une coupure d'électricité à couper net notre set! C'était... comme un cadeau pour nous! Finalement, on est vite aller louer un générateur et on a joué en plein milieu d'une forêt pendant la nuit...

J'en avais entendu parler. Apparemment, c'était vraiment quelque chose d'assez extraordinaire, ce mélange entre votre musique et l'atmosphère qui régnait ce soir-là...
Colin: C'est vraiment un très bon souvenir. C'était comme ça devait être!
Vince: C'était très cool, mais niveau pratique... (rires) Hier on a joué à Nantes, il y avait là-bas des gens qui étaient présent au Hellfest, et qui nous ont découvert via ce festival, même si à la base ils n‘ont rien à voir avec notre style, ils étaient plus venus pour voir Motorhead! (rires) C'est pour ça que de ce côté, les festivals sont une très bonne chose, ils permettent à n'importe quel groupe de toucher un public autre que celui auquel il est habitué. Les mecs d'hier nous avait d'ailleurs dit que le concert d'hier, dans le noir, n'avait rien à voir avec la prestation qu'on avait fait au Hellfest!
Colin: C'était vraiment l'un des plus gros festivals qu'on ait fait à l‘extérieur de la Belgique. C'était vraiment une expérience très enrichissante en tant que groupe.

Vous faîtes également très prochainement des dates avec Converge. Ça représente quoi pour vous?
Colin: En fait c'est un peu des potes à nous... C'est pour ça qu'on joue avec eux. En fait à la base on est pote avec les mecs de Rise and Fall, qui ont beaucoup tourné avec eux. C'est un peu comme ça qu'on a fait leur connaissance, petit à petit...

J'ai oublié de vous demander tout à l'heure, mais vous avez l'intention de sortir Mass IIII en vinyle?
Colin: Oui! Peut être dans l'été... On a besoin encore d'un peu de temps pour bosser le layout.

Peut être une édition limitée comme avec le Mass III?
Colin: Je peux difficilement te répondre pour le moment. Ce qui est sur c'est que nous on aimerait beaucoup, après reste à voir combien le label est prêt à nous donner pour faire ça. Ça ne tiendrait qu'à nous, on ferait un truc avec plein de sérigraphie, de graphismes, etc.! Le truc le plus cher! (rires) On verra bien...

Vous avez un réel intérêt a priori pour le vinyle. C'est un support qui revient de plus en plus à la mode...
Vince: C'est quelque chose d'assez évident pour nous. Quand on sort un disque, on sort un vinyle! (rires) Il y a beaucoup de gens qui nous demandent des vinyles à nos concerts. Même les gens qui ont déjà nos albums sur leur Ipod veulent avoir un objet entre les mains. Je connais même des gens qui achètent des vinyles, et qui n'ont pas la platine qui va avec!

Concernant votre split avec Hitch, comment êtes-vous venus à bosser ensemble? C'est des potes à vous?
Vince: Oui, c'est des potes à nous. En fait ça fait pas mal d'années déjà qu'on parlait de ça entre nous! (rires)
Colin: On avait chacun fait des nouveaux enregistrements et on s'est dit que c'était peut être le bon moment pour faire quelque chose...


D'autres splits de prévus dans les mois à venir?

Colin: Oui, on a plusieurs idées. Il y aura sûrement un Split avec les mecs de Rise and Fall, et puis peut être aussi avec d'autres groupes. On doit encore réfléchir. Mais ce ne sera jamais des splits « tactiques », pour faire du business. On ne réfléchira jamais à ce que peut nous apporter de faire un split avec tel groupe, d'essayer de voir si ça peut nous ouvrir tel public de tel scène, etc.

Je ne sais pas si vous le ressentez comme ça, tout du moins en Belgique, mais on assiste depuis quelques temps à présent à l'émergence d'une scène « postcore ». Vous vous sentez affiliés à cette scène ou plutôt ça tendance à vous faire chier?
Colin: Nan, ça ne nous fait pas chier...


En France, il y a beaucoup de groupes qui rejettent les influences de groupes comme Isis, Neurosis, Cult of Luna, etc. dont un d'ailleurs qui ne devrait pas tarder à jouer...

Colin: Quand tu es influencé par un groupe, que tu le veuilles ou non, tu resteras influencé, que ça te plaise ou non. Alors même si ce n'est jamais cool d'être lié à un autre groupe, il faut savoir faire avec. On aime tous Neurosis, c'est évident que ça influencera, plus ou moins consciemment, personne ne peut le nier...

L'interview touche bientôt à sa fin. Quels sont les projets qu'Amenra à dans les mois à venir?
Vince: Beaucoup de concerts, trop même! (rires) Il y aura aussi le Dvd...


Pour 2008 le Dvd?

Vince: Ça c'est le plan...
Colin: On ose pas dire en fait! (rires) En fait on avait déjà commencé à faire quelque chose après la sortie du Mass III, on avait un peu de temps pour s'occuper de ça... Mais finalement on en est pas totalement satisfait, on préfère donc retravailler dessus. Sinon on a l'intention de sortir un livre...

Ce serait quoi le concept du livre?!
Colin: Amenra. (rires)


C'est un peu atypique pour un groupe de musique de sortir/écrire un livre...

Colin: On a toujours dit qu'on était plus qu'un groupe de musique... Mais rien de très clairement défini pour le moment. Sinon, il y a également de prévu un morceau pour votre compilation (ndlr: Falling Down Compilation), un split sûrement avec les mecs de Battlefields et puis également un de nos concerts qui se produira dans une église. Il y a de fortes chances pour que ce soit à Gent, en Belgique. Il y aura très probablement une exposition de notre graphiste, et des performances de personnes qui sont plus ou moins liées au groupe.
Vince: À coté de ça, il y a une masse de boulot phénoménale quand ton groupe commence un peu à marcher. Il y a beaucoup de travail qui vient avec, qui n'est peut être pas directement perceptibles par les fans, mais qui nous prend au final beaucoup de temps...


Vous n'avez pas envisagé d'avoir un manager?

Colin: On s'en fout des managers!

Pas dans le sens « faire plus de pognon avec Amenra » mais plus une personne qui pourrait un peu s'occuper de toute la partie administrative...
Vince: Amenra c'est notre concept...
Colin: Il n'y a personne qui puisse s'occuper aussi bien du groupe que nous. C'est vraiment étrange pour nous de dire à une personne « toi tu t'occupes de ça »! Même pour les layouts, on n'appelle pas Kluze et on lui dit « mec, on a besoin d'une pochette d'album! ». On ne fonctionne pas comme ça, ce serait un manque de sincérité de notre part. Pour une pochette d'album, on passe des nuits entières ensemble à regarder des films, des bouquins, à parler, etc. C'est trop de travail en fait! (rires)
Vince: C'est même vraiment difficile de demander à d'autres personnes de s'occuper de certaines choses administratives, par exemple pour planifier une tournée, etc. On s'occupe peut être de trop de choses, mais bon... il faut savoir que de toute manière, on est les premières personnes à critiquer ce que l'on fait! (rires) Mais malgré tout ça, ça en vaut vraiment le coup...

Il me semble avoir faire le tour de toutes les questions que je souhaitais vous poser. Merci beaucoup pour votre disponibilités et votre musique!! Je vous laisse conclure comme bon vous semble...
Colin / Vince: Merci beaucoup à toi, et pour ton soutien !

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Caedes