MY OWN PRIVATE ALASKA

MOPA

,

Aout 2008

My Own Private Alaska est en train de vivre une ascension digne des plus grands! Après une première autoproduction qui a fait figure de bombe en France, tout s'est très vite enchaîné pour ce trio originaire de Toulouse. Il était donc primordial que LHN fasse un bilan avec une des formations les plus innovatrice de ces dernières années. C'est MiLKa qui m'a accordé, gracieusement, et malgré un emploi du temps ultra chargé, un peu de son temps pour répondre à mes questions... en voici le résultat!

À groupe atypique, interview atypique... On va omettre la traditionnelle première question de présentation pour aborder, sans plus tarder, le vif du sujet. La majeure partie des personnes qui liront cette interview ne seront pas sans savoir que vous êtes en plein enregistrement de votre premier full-length avec l'incommensurable Ross Robinson. Avant d'aller plus loin, et humainement parlant, comment se passe jusqu'à présent votre collaboration?

Incroyablement bien. Ross est quelqu'un d'atypique. Et ça a très vite jointé avec nos tempéraments. Il se sent très bien avec nous. Et nous nous sentons avancer avec lui. C'est une expérience in-cro-yable en tant que musicien. C'est impossible à décrire tellement c'est intense et profond. Mais en revenant de chez Ross, tu n'es plus le même homme. Il fait sauter des bloquages en toi, il te fait prendre conscience de qui est important et de ce qui ne l'est pas, il recule les limites humaines, physiques et psychologiques de ton corps. Et il a tellement compris « l'âme » de notre musique qu'il la magnifie et l'intensifie à chaque idée qu'il soumet. Nous sommes vraiment assez en phase de ce côté là, même s'il joue aussi avec nos nerfs en aimant sentir les musiciens dans le « risque », dans le « non-confort », comme livré à eux-mêmes pour se remettre en question, se dépasser, se débattre dans l'inconnu.

Où en êtes-vous dans l'enregistrement de l'album? J'avais pu lire dans une de vos interviews que vous trouviez le format 6 titres particulièrement adapté pour vous, que c'était « la bonne dose d'iceberg ». Qu'en est-il à présent?

En venant chez Ross, la donne a changé car les labels qui sont intéressés par MOPA sont encore dans le modèle « album » full-length comme tu dis. Le format 6 titres était très bien tant qu'on avait pas de label. On ne sait d'ailleurs toujours pas qui bossera sur MOPA. Mais ce qu'on enregistre chez Ross, c'est 11/12/13 titres. A priori un seul album. Par la suite, quand les Cds n'existeront vraiment plus du tout, on fera que des EPs !

Ressentez-vous, aussi surprenant cela puisse paraître, une forme de pression pour l'enregistrement de votre premier album? Votre EP vous a fourni une ascension fulgurante! Comment vivez-vous actuellement ce qui est en train de vous arriver?

Une pression, oui. Quand tu as du succès, les gens te regardent. Et des fois pas avec les yeux de l'empathie. Genre : « vas y maintenant, montre moi, toi qui fais le malin ! » Ce qui nous arrive est tellement fou. Nous avons de la chance. Mais nous avons su la provoquer. Nous avons su travailler dur pour rendre tout cela possible. Nous sommes fiers et n'avons aucun problème sur le fait d'être ici. Nous l'assumons à 2000%. Mais quand 9 personnes sur 10 te soutiennent, tu entends toujours plus la 10° qui parle fort et attend que tu tombes ! Ca touche, forcément. C'est dur de faire abstraction de tout ça. Si dur. Mais nous ne tomberons pas. J'ai une confiance indéfectible et absolue en notre musique et en Ross. Ce que nous allons sortir sera la plus belle chose dont nous pourrons accoucher. Après, les gens aiment, ou n'aiment pas, c'est une autre histoire, mais nous n'aurons rien à nous reprocher.

Quel est, jusqu'à présent, le meilleur souvenir que vous ayez de votre échappée américaine? Est-ce difficile de garder « les pieds sur terre », malgré l'engouement exponentielle qui gravite autour de vous?

Oui, c'est dur de garder les pieds sur terre. J'ai quitté un 35 m2 pour vivre dans un grand loft et cotoyer tous les musiciens que j'écoutais quand j'étais ado. Des gens qui m'ont construit. Des gens que j'admirais, que j'admire. Et aujourd'hui, ces gens sont là, certains me parlent et encensent ma musique. Ils nous disent à quel point ce qu'on fait est novateur, puissant, frais, et déstabilisant. Des gens qui défilent, et qui, presque tous, adorent MOPA, du réparateur de machine, au zicos dans le milieu hardcore au guitariste de néo-métal, en passant l'amateur de folk rock. Forcément, ça touche, et ça peut monter à la tête ! Mais on est tout sauf ça dans MOPA. Je pense que d'autres groupes à notre place, auraient pété les plombs, vraiment. Car tout est démesuré. Dans la façon dont on t'encense. Dans la taille des maisons. Les alentours. On prend la voiture, on est à Beverly Hills, à Hollywood... c'est un film. On dirait que c'est pas la vraie vie, et en fait si. Heureusement, on a des garde-fous. Et on sait se recentrer sur nous-même, je veux dire sur notre artistique, pour n'avoir que ça en ligne de mire.

On peut voir que vous souhaitez rester proche de votre public, via un blog, des vidéos, cette interview. Pourquoi ce choix? Le désir d'une constante actualité?

On nous a beaucoup reproché une distance. C'est vrai en un sens car nous sommes « en partie » comme ça. Notre concept, notre froideur sur scène, notre non-communication entre les morceaux. Mais, pour parler de mes 2 collègues, MOPA est un des groupes les plus « humains » que je connaisse, où les relations signifient quelque chose, vont loin dans la solidarité, y compris avec tous les gens qui nous entourent, nous soutiennent, nous aident, nous dépannent. On avait du coup envie de partager ça, que les gens comprennent qu'on peut exprimer qqchose d'absolu, d'extrême, de philosophiquement égoïste peut-être, et être à la fois des humains normaux, qui rient et qui pleurent, qui ont des doutes et des joies. On avait pas envie de se construire un mythe autour de nous, genre « Mon Dieu, quel est ce mystère ??? Ils ont des masques, etc... !!! » Si on met des masques un jour, ça sera pas pour cacher notre identité !

À quoi ressemble une journée « type » actuellement en compagnie de Ross Robinson? Est-il aussi exigeant que l'ont laissé penser les autres groupes qui ont pu travailler avec lui il y a quelques années?

Ross est exigeant. Mais pas en terme de stakhanovisme. On pointe pas. On commence des fois tôt, et des fois pas avant 15 h ! Bon, après, on finit à 2/3h du coup... Il est exigent dans l'investissement psychologique qu'il exige des musiciens. Il faut jouer en studio comme le meilleur de tous tes concerts, tout le temps. Si tu joues comme en répét, c'est nul, il te le dit et te pousse. Il hésite pas à te dire : « Ce type de voix-là, ça m'évoque rien. Ca me transcende pas. » Y a plein de trucs qu'il faut accepter d'entendre ! Il est d'ailleurs reconnaissant du fait qu'on arrive à se remettre en question, à changer des habitudes, à creuser plus loin. Apparemment, plein de chanteur et de musiciens ont refusé de faire ça par le passé. C'est entre autres pour ça qu'il est si fier de MOPA et si fan de notre musique. Mais vu l'investissement psychologique qu'il exige, je comprends pourquoi plein de groupes ont peur de revenir chez lui après s'être fait remuer autant !

En lisant différentes chroniques et réactions, un seul « défaut » peut (pourrait?) se profiler: le renouvellement. Pensez-vous que la spécificité de votre line-up puisse un jour devenir votre handicap? Où, a contrario, pensez-vous, toutes proportions gardées, être à l'origine d'une nouveau style musical, tels des pionniers de l'Alaska?

J'aurais pas la prétention de créer un nouveau style. Mais je pense forcément qu'il y aurait bien quelques guitaristes qui vont délaisser leur guitare pour toucher un clavier avec leur batteur, juste pour voir ! Et j'ai pas vraiment de peur sur le renouvellement de MOPA. Ca, c'est une idée de journaliste. Je veux dire un piano n'a pas moins de notes qu'une guitare. Et personne n'ait jamais allé faire chier UNSANE, ou SIMON & GARNFUNKEL pour leur parler d'un renouvellement de line-up ! Nous, c'est pareil, sauf que ça fait peur aux gens vu que c'est inédit. Ils ne sont pas encore habitués à ça. Mais des groupes avec des formations minimaliste, avec pianos et des batteries, certes sans chant « crié », existent déjà, et se renouvellent : DRESDEN DOLLS, TWO GALLANTS, REGINA SPEKTOR, CATS ON TREES, ANTHONY AND THE JOHNSONS...

J'ai cru comprendre que les morceaux présents sur votre EP ont été composé relativement rapidement. Êtes-vous, avec le recul, pleinement satisfait de celui-ci? Votre EP est-il en édition limitée? Si c'est bien le cas, celui-ci devrait rapidement devenir collector!

Oui, oui. Le EP était un instant. C'est Baptiste B. qui nous a aidé et il a super bien travaillé. Même si on est aujourd'hui chez Ross Robinson, j'aimerais insister sur le fait que ce mec sait super bien travailler, et l'a super bien fait pour nous, dans le temps et les conditions impartis. Maintenant, on a dû en écouler plus de 1000, des EPs. On en refait 500. Ce sera les 500 derniers. C'est surtout notre boite de prod (executive producers) KERTONE PRODUCTIONS qui va s'occuper de vendre ces collectors. Car c'est clair qu'apparemment, ils le deviennent !

Vous recherchiez à un moment donné un label pour sortir votre album. Qu'en est-il à présent? Avez-vous trouvé une structure capable de répondre à vos exigences, sans pour autant pervertir votre musique via un business indomptable?

On est pas encore décidé sur le label. On veut simplement une boite qui nous comprenne et qui a des ambitions. Nous en avons eu en venant enregistrer ici. Pas pour faire bling bling, pas « pour dire que », mais pour proposer une musique qui allait encore plus loin que celle qu'on avait couché alors sur CD. Pour le label c'est pareil, tant qu'on ne m'impose pas de poser en string avec une plume dans le cul, je m'en branle complètement si c'est un indé respectable ou une filiale de major. Il y a des connards dans les deux. Et des gens très bien dans les deux aussi. Je serai heureux que ma musique soit écouté par des coréens, des australiens, ou des colombiens. Je ne fais pas ma musique pour qu'elle reste dans ma cave ou pour qu'elle tourne en circuit fermé avec les potes des potes de mes potes, mais pour la partager avec des gens différents, des cultures différentes, des horizons différents.

Ross Robinson s'est occupé des plus grands groupes de metal de ces (ses?) dernières années, commercialement parlant. Sans tomber dans un quelconque débat puérile déjà ressassé inlassablement, comptez-vous « vivre » de votre musique? Pensez-vous qu'une « professionnalisation » (passer d'un « vivre pour la musique » à un « vivre par la musique ») puisse entacher la pureté qui émane de MOPA ?

Je prends la question à l'envers. Depuis qu'on est en studio ici, on fait beaucoup de taff pour MOPA. Ceux qui n'enregistrent pas font de la promo pour le groupe. Il y a le taff pour les concerts, pour les médias, les interviews, le blog, le MySpace, le site, tous les messages, etc... Et tout ça prend du temps. Je me dis que quand tu bosses pour ton groupe de manière conséquente, tout aspect confondu, c'est dur de cumuler d'autres taffs à côté. Si un jour, MOPA brasse de la thune et qu'on en touche, je ne vais pas faire l'artiste maudit, nourri à la cuillère à maman, qui dit que : « Non, je ne veux pas toucher de l'argent de mon art ! » Moi, je prends l'argent, et j'espère passer de mon 35m2 à ... un T2 !!! Rêvons ! Waouh ! Haha... Bref. Aucun soucis éthique là-dessus. L'artistique de MOPA ne sera pas touché par ça. Au contraire, il y a plus de morceaux, plus souvent, plus de concerts, plus d'idées, etc... On peut vivre pour et par la musique. A toi de voir après si tu prends la musique comme un boulot de fonctionnaire ou non. Les gens qui n'en vivent pas et tiennent de grands discours sur la professionnalisation sont à 90% des bourgeois, fils à papa pour la plupart, bien confortables devant leur ordi portable qu'ils ont eu comme cadeau pour leur anniversaire, et qui mangent uniquement quand on leur dit : « A table ».

Vous aviez souhaité, au début de l'aventure, rester dans une forme d'anonymat, afin d'éviter des rapprochements trop hâtifs. N'était-ce pas un peu « utopique », dans notre monde sur connecté, de croire que vos personnalités ne seraient pas découvertes un jour ou l‘autre?

Oui, oui. On voulait pas dévoiler nos identités juste pour ne pas donner d'a priori sur les gens. La musique avant tout. On voulait pas dire « Avec Jean-Paul de SUPERBUS, et Jean-Marc d'EVANESCENCE ! » Juste la musique. Après, les gens qui me disaient : « Mais c'est toi, MiLKa, de PSYKUP, qui chante dans MOPA ? » Je disais oui ! C'est juste que je trouve intéressant le fait que les gens qui découvrent MOPA le font à chaque fois sans mettre des noms sur nous. On s'efface derrière l'artistique. Après, oui, tu as raison, plus le phénomène grossit, plus t'es « connu », moins ça marchera !

J'inscris, pour ma part et entre autre, MOPA dans cette nouvelle mouvance qu'est l'escapisme, dont le succès (surprenant?) d'un film comme Into The Wild n'en est qu'un parfait exemple. Les premiers signes apparaissent, ici et là: rejet de la civilisation, de la modernité, des nouvelles technologies... tout cela pour un retour aux sources, à la nature, à la pureté. Quel est votre point de vue là-dessus? Vous sentez-vous affiliés à un mouvement tel que l'anarcho-primitivisme, qui rejette en bloc la modernité, et propose, ni plus ni moins, de démanteler toute l'industrie mondiale afin que l‘homme revienne, à nouveau, en harmonie avec la nature?

Houla non. Ce serait se mentir et aller trop loin. Certains de ces mouvements sont vraiment intéressants, et je les respecte au plus haut point. Mais il y a à boire et à manger là-dedans. Je chie sur tout ce qui est fascisme et conservatisme, mais à l'inverse, je n'ai jamais aussi des gens d'aussi mauvaise foi, aussi caricaturaux, aussi premier degré que dans certains mouvements dit « anti-libéraux », très babos, très néo-hippie et cie... INTO THE WILD est au-delà de ça pour moi, car le mec justement vit la chose tout seul. Sans un mouvement. Sans un parti. Sans une bannière. Je déteste les étiquettes et les cartes de parti. Sur ce terrain là, c'est pareil. Je ne me sens pas bien dans un groupe social. Je déteste les manifestations. Je déteste les rassemblements politiques. Même si Dieu sait que je suis ça de près. Nous ne sommes donc pas anarcho-primitivistes. Nous rejetons le monde à notre façon. Peut-être sur certains points seulement de la même manière que les gens dont tu parles, mais je ne le conscientise pas. Après, je ne regarde pas les infos sur TF1, je vote et pousse les « anti-vote » à voter, je ramasse les canettes par terre pour les jeter si je vois une poubelle à côté, je n'achète pas les teenage mags musicaux qui crétinisent la jeunesse française, j'ai filé ce que j'ai pu à Attac ou Mèdecins du Monde, je boycotte pas mal de sites internets, je ne laisse jamais passer une réflexion homophobe, raciste, ou antisémite, j'ouvre ma gueule, j'œuvre à ma manière. Mais je ne suis pas un dogme, et je n'ai pas vocation à en créer un. Je suis trèèèèès loin d'être exemplaire, je suis un gros con sur plein d'autres points, je nique la couche d'ozone avec ma voiture, je n'écris pas sur papier recyclé, je ne soutiens pas l'agriculture biologique, je fais mes courses à Auchan et Leader Price...

Une tournée européenne avec les très respectables Will Haven va débuter à la rentrée. Comment êtes-vous arrivés à vous retrouver sur ces dates? Explicable grâce à votre « capital social » et votre connaissance du milieu ou est-ce le fruit, méritée, d'un travail acharné?

Oui et non. J'ai personnellement fondé JERKOV MUSIQUES il y a 5 ans. C'est entre autres une agence de booking. Et c'est moi qui ai tout simplement œuvré pour faire venir les WHVN en Europe, les convaincre de leur potentiel, puis leur trouver les dates, l'argent, faire les budgets, et rendre cela possible. Puis, il a semblé de plus en plus évident que MOPA soit le support-band qu'il fallait pour WHVN. Les organisateurs des dates sont contents du plateau. Celui-ci se complète bien. Humainement, ça se passe bien. On les a rencontrés ici à Venice où on les a invités sur notre lieu de résidence. Eux venaient de Sacramento. Et je suis très heureux, déjà pour eux, qu'ils aient une tournée décente à la hauteur de leur musique, et pour nous, de partager l'affiche avec un groupe que je respecte énormément. Ce tour va être une sacrée aventure.

MOPA, faute de collègues musicaux (mais peut être ce ne serait tardé...) est affilié à la scène screamo/« post-... », étiquette musicale oblige, par les chroniqueurs de mon espèce. Quel(s) regard(s) portez-vous sur cette scène française, avec laquelle vous avez commencé à partager les planches?

Il y a énormément de belles choses dans le screamo / post-hardcore français. Bien que ce soit un courant qui se mord la queue, comme le néo-métal, le post-rock, ou le chaotique avant lui, il y a encore des gens qui font cette musique avec tellement de hargne et de conviction que nous sommes souvent contents de partager la scène avec des groupes aussi intéressants que REVOK, ERRATA, CELESTE, KEHLVIN, AMENRA, HKY, TANEN, L'HOMME PUMA...

Comment appréhendez-vous le live? Un moyen paradoxal de partage avec le public, étant donné l‘aspect « égoïste » qui émane de votre patronyme (« My », « Own » et « Private »)? Je n'ai pas eu, malheureusement, encore la chance de vous voir sur scène. En trois mots, comment pourrait-on « résumer » une prestation live de MOPA?

3 mots ?.. Hum... Personnel. Déstabilisant. Jusqu'au-boutiste.
Il est certain qu'on ne « partage » pas notre musique sur scène comme on le fait dans d'autres groupes, en communiquant avec le public, par des regards, des sourires, et tout ça... MOPA est une expérience personnelle, même si c'est un groupe. Je pense qu'en écoutant MOPA, on est seul face à soi-même. On ne va pas monter sur scène pour slammer. Pour nous, c'est pareil. On vit le truc en essayant de construire à trois un édifice émotionnel à donner aux gens. Après, si les gens le prennent, et le reçoivent avec plaisir, ça nous emplit de joie a posteriori. Mais pendant le concert, c'est sûr qu'on ne voit pas ce qui se passe. Mais on le sent. Des fois, il y a des silences qui parlent. Il y aussi de l'électricité dans l'air. Des choses palpables qui ont du sens...

Quels sont les auteurs qui font figure de référence chez vous? MOPA a-t-il comme projet de s'exprimer autrement que par la musique, via d'autres formes d'art, tels que la littérature ou la peinture?

Pas pour le moment, nous n'avons pas ces talents. Même si Yohan dessine. Nous ne sommes pas non plus suffisamment fondus de littérature pour oser prétendre que des auteurs nous marquent pour l'écriture. On pourrait toutefois citer les univers de Maurice Dantec, très noirs et humains, accouplés à des choses carrément contemplatrices comme certains volets de Tolkien.

On a pu découvrir une reprise de Nirvana sur votre Myspace. Pourquoi ce choix? Que représente pour vous ce groupe? Est-ce un titre qui sera présent sur votre album?

Ce n'est pas une reprise de Nirvana. Ces derniers ont en fait popularisé une chanson de Lead Belly. Cette chanson avait pas mal de signification pour moi quand on a commencé à la jouer. La folie qui gagne un homme qui attend que sa femme rentre à la maison, mais qui ne revient pas vraiment comme elle aurait du. Par ailleurs, NIRVANA est le symbôle même, pour nous, du groupe qui ne triche pas, qui lâche ses émotions sans détours, et qui de plus, le fait avec puissance, sensibilité et génie. « My Girl » sera sûrement sur l'album.

Il me semble avoir fait le tour de toutes les questions que je me posais. Je vous souhaite une excellente continuation dans les semaines à venir et on se voit à votre date au Brise Glace! Les mots de la fin vous appartiennent...

Merci à ceux qui nous soutiennent. On en a besoin. Et si vous nous aidez, faites le pour vous, faites le si vous en avez l'envie. ;-)

Caedes